La CAB se mobilise sur la question du climat. Un recueil d’articles techniques propose les solutions apportées par l’agriculture biologique au changement climatique. Il rassemble 14 expériences en agriculture biologique en faveur de la transition climatique.

Disponible en téléchargement : Recueil BIO et CLIMAT : articles techniques ou sur demande au format papier

Climat : la partie est-elle jouée ?

Evoquer la problématique climatique est assez simple. Elle se résume en une phrase. En l’espace d’une centaine d’années, l’élévation de la température moyenne à la surface de la Terre s’est accrue de 1°c. Il s’agit là de données scientifiques reconnues dont les incidences sur les biotopes ont été, pour le moment, regrettables dans l’hémisphère nord et déjà fortement impactantes dans l’hémisphère sud. Poser l’angle prospectif du climat, est également assez limpide à comprendre et repose en quelques mots. A l’horizon d’une à deux générations, cette élévation poursuivra sa course et oscillera entre 2 et 5°c. FAO, OMM, OMS, GIEC, CNRS, etc. tous les comités scientifiques qui se penchent sur ces questions sont unanimes, le réchauffement climatique est indéniable et les effets seront nettement plus marqués, au Nord comme au Sud, entraînant un cortège de déséquilibres écologiques, sociétaux, sanitaires, migratoires, etc…

Changement d’ère
La « tranquille » holocène a cédé sa place à « l’imprévisible » anthropocène ! Aborder les domaines d’atténuation et de stabilisation des émissions participant à l’élévation des températures, serait comme arpenter une bibliothèque labyrinthique sans limites ! Les alertes successives, discours, conférences, rapports, études, préconisations et ce depuis plus de 40 ans… sont multiples, divers et en deviennent cacophoniques ! Les interactions et rétroactions des cycles naturels couplées aux émissions colossales de gaz à effet de serre suivants une courbe exponentielle, convergent toutes vers une conclusion d’impuissance devant la complexité des phénomènes et le manque d’anticipation de nos sociétés embuées vers le toujours plus de production et de consommation.

Le réchauffement entraîne le dérèglement !
A la connaissance imparfaite des mécanismes du vivant, nous devinons que les effets d’inertie de nos émissions – pour peu que l’on vienne à les freiner dès à présent ! – entraîneront pour des centaines voire des milliers d’années encore, des répercussions auxquelles nous devrons agir en toute intelligence et ce dans un esprit de solidarité. « Attends-toi à l’inattendu » écrivait Edgar Morin dans un de ses nombreux ouvrages sur l’éveil à la conscientisation écologique. Nous devrons apprendre à « récolter », ce que nous disséminons aux quatre coins du globe et mieux appréhender collectivement toutes les perturbations qui obstruent déjà nos champs de vision… sécheresses, vagues de chaleurs, inondations, tempêtes, salinisation, maladies, guerres…

A l’écoute des taiseux – faiseurs ?!
D’aucuns se taisent mais agissent sur le terrain de la résilience climatique, parce qu’ils ont intégré l’idée selon laquelle, une agri « CULTURE » bio « LOGIQUE » devait composer avec la Nature et non contre elle ! CULTURE et NATURE s’en- tremêlent, s’entrechoquent parfois mais sont indissociables ! Des gens de la mer et gens de la terre, en font l’expérience chaque jour, partout sur le globe. Ils sont les « éclaireurs » à suivre pour demain ! Ils sont à l’écoute, en mode discer- nement, lucides, en phase avec la réalité. Ils ressentent le vivant parce qu’ils sont le vivant. Equilibre production-consommation, complémentarité symbiotique du couple végétal-animal, respect de la chaîne alimentaire, recherche d’autonomie, protection des écosystèmes, partage et valorisation locale de denrées, contrition des énergies fossiles fortement émettrices et substitution de celles-ci par des sources naturelles et renouvelables à souhait, stockage du carbone par séquestration pastorale et arboricole, humanisation versus mécanisation, échanges
et transmissions des savoirs, etc. la liste remplirait des pages et se construit un peu plus chaque jour parce que les expériences sont multiples et ouvertes.

Au-delà du climat, l’enjeu est crucial. Vital. Il interroge sur la pérennité de notre espèce et de tant d’autres. Nous, femmes et hommes de cette petite Terre, devons urgemment, mobiliser toute notre créativité, notre responsabilité et notre acuité pour subsister, longtemps encore dans cette incroyable et merveilleuse danse de l’univers…

Mickaël LEPAGE
Paysan Bio en Mayenne et administrateur à la CAB Pays de la Loire

 

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