Le collectif régional « AIDES Bio » a sollicité une rencontre avec les 47 parlementaires des Pays de la Loire sur le problème de financement des aides Bio. 11 rendez-vous ont été organisés le vendredi 30 mars avec François de Rugy, Matthieu Orphelin, Stella Dupont, Philippe Lacombe, Patricia Gallerneau, Géraldine Bannier, Yannick Favennec, Michelle Meunier, Joël Bigot, Elisabeth Dioneau, Annick Billon et Didier Mandelli. Quatre rendez-vous sont programmés dans les prochains jours avec Sarah El Haïry, Jean-Charles Taugourdeau, Guillaume Garot et Yannick Favennec. C’est donc 15 parlementaires rencontrés pour faire passer un message : une politique ambitieuse et stable pour la Bio. 

Le collectif a rappellé nos difficultés de financement des aides bio en Pays de la Loire : il manque pour notre région 25 millions d’euros jusqu’en 2020. Or, des solutions sont activables par le Ministre de l’Agriculture. Nous avons rappelé l’importance d’une politique publique ambitieuse pour accompagner cette dynamique de transition alimentaire vers l’agriculture biologique. Nous avons cité 3 solutions  :

  • Flécher au moins 1,4 % du transfert réalisé en août 2017 sur le 1er pilier
  • Financer la Bio sur l’enveloppe des services environnementaux présentée dans le cadre des EGA (200 millions par an)
  • Prélever à nouveau sur le 1er pilier en utilisant le dispositif européen « Omnibus »

Ces rencontre ont été l’occasion de rappeler que l’état des eaux de notre région ne s’améliore pas : 11 % seulement des eaux des Pays de la Loire sont en effet en bon état (source DREAL). Le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) constate que les coûts de traitement des pollutions résiduelles par des installations de potabilisation ne font qu’augmenter et aboutissent à un coût global estimé de 54 milliard d’euros par an en France (Etude de 2012).

Il serait plus pertinent d’éviter les pollutions plutôt que de dépolluer. Les interdictions d’usage des produits phytosanitaires en zone non agricoles vont permettre d’éliminer rapidement les sources de pollution par les particuliers et les collectivités. Demeurent les sources de pollution agricoles, celles des engrais minéraux de synthèse  qui diminuent peu et celles de ces produits phytosanitaires qui augmentent malgré le plan Ecophyto mis en place depuis 2009.

La bonne nouvelle pour la qualité de l’eau, c’est le dynamisme des conversions en agriculture biologique. En Pays de la Loire de 2015 à 2017, 58 000 hectares agricoles sont passés en bio, soit 44 % de surfaces en plus pour notre région. Cette dynamique se confirme en 2018 car des producteurs engagent une transition agricole et les demandes affluent. Mais ce mouvement vertueux pourrait se stopper si les pouvoirs publics bloquent l’accès aux aides conversion et aides à la reconnaissance. Car aujourd’hui en Pays de la Loire, l’enveloppe des aides Bio est vide pour les trois prochaines années : le besoin en Pays de la Loire est évalué à 25 millions d’euros et au niveau national, il serait de 450 à 600 millions d’euros. C’est un faible investissement par rapport aux coûts de dépollution payés par tous les contribuables, et qui doivent être renouvelés tous les ans sans limite de durée. De plus, c’est un bon investissement pour engager des productrices et des producteurs vers un marché bio porteur, au prix stable et rémunérateur.

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