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Le nouveau logo européen est sorti !

La Commission européenne a annoncé officiellement la sortie du nouveau logo européen, obligatoire à partir du 1er juillet 2010.  Au cours de ces deux derniers mois, quelque 130 000 personnes ont voté en ligne pour choisir le nouveau symbole biologique parmi les projets des trois finalistes. 

Le logo gagnant est celui de Dusan Milenkovic, un étudiant venu d'Allemagne dont le motif «eurofeuille» a remporté 63 % de l'ensemble des suffrages. À compter du 1er juillet 2010, le logo biologique de l'Union européenne devra obligatoirement figurer sur tous les produits biologiques préemballés élaborés dans les États membres de l'Union et répondant aux normes requises. Pour les produits importés, il sera facultatif. L'apposition, à côté du logo de l'UE, d'autres logos à caractère privé, régional ou national sera autorisée. 

Le règlement relatif à l'agriculture biologique sera modifié dans les semaines qui viennent en vue d'introduire le nouveau logo dans l'une de ses annexes.


Baromètre 2009 de la consommation

L'Agence Bio vient de sortir son 7ème Baromètre "Consommation et perception des produits biologiques". 

En 2009, 46% des Français ont consommé au moins un produit biologique au moins une fois par mois. Une proportion de consommateurs qui continue de progresser : ils étaient en effet 44% en 2008 et 42% en 2007. Les résultats du Baromètre 2009 de l'Agence BIO réalisé par CSA* confirment ainsi l'intérêt croissant des Français pour les produits bio. Face à la crise, les produits bio ont bien résisté : 39% des Français disent avoir acheté au moins un produit bio dans les 4 semaines précédant l'enquête (même niveau qu'en 2008). L'intérêt pour les produits bio est structurel puisqu'au cours des 6 prochains mois, 25% des consommateurs-acheteurs bio ont déclaré avoir l'intention d'augmenter leur consommation (vs 22% en 2008) et 71% de la maintenir.

Les Français veulent de plus en plus avoir la possibilité de manger bio. Ils sont demandeurs de produits Bio hors domicile : dans les restaurants (45% en 2009 vs 42% en 2008), sur leur lieu de travail (41% en restauration d'entreprise vs 38% en 2008 et 37% dans les distributeurs automatiques vs 32% en 2008) et pour leurs enfants dans les restaurants scolaires (75% des parents dont les enfants n'ont pas de produits Bio à la cantine souhaiteraient qu'ils en aient). De plus en plus sensibles à l'environnement, les Français ont une opinion très positive de l'agriculture biologique. Les ¾ d'entre eux considèrent que la Bio est une solution d'avenir face aux problèmes environnementaux et ils sont 84% à estimer que l'agriculture biologique doit se développer en France. 


Baromètre 2009 de l'Agence Bio

Solutions locales pour un désordre global : Coline Serreau raconte


Solutions locales pour un désordre global s'attache à l'environnement, thème que vous aviez abordé dans La Belle Verte. Quelle a été la genèse du film ?

 La Belle Verte, que j'ai tourné en 1996, parlait déjà d'écologie et d'une transformation radicale de notre mode de pensée. Il y a trois ans, j'ai commencé à tourner pour mon plaisir des reportages sur divers sujets, dont un entretien avec Pierre Rabhi que je connaissais depuis quelques années. En rentrant du Maroc où j'avais filmé quelques-unes de ses actions, je me suis dit qu'il fallait continuer ce travail et approfondir le sujet dans le monde entier, avec tous les acteurs du changement. Je suis donc partie en Inde, au Brésil, en Ukraine, en Suisse, pour interviewer des gens qui proposaient des alternatives crédibles à notre système. J'ai voulu que la parole soit portée autant par les théoriciens et ténors des différents mouvements que par les paysans et les petites gens qui sont les vrais acteurs et inventeurs des changements.  

Je ne voulais pas faire un film qui culpabilise et déprime les gens. En ce moment, chacun se débrouille comme il peut dans cette société malade et, pour la majorité des gens, la question de la survie économique se pose tous les jours : comment vais-je payer mon loyer, trouver un travail ou ne pas me faire licencier, payer les études de mes enfants, manger sainement sans me ruiner, aurai-je une retraite ? Nous avons la responsabilité de changer de système, oui, mais responsabilité n'est pas culpabilité. Il fallait d'abord mettre des mots vrais sur les chimères dont on nous berce : la réalité c'est qu'un petit nombre concentre chaque jour plus de richesses dans ses mains, tandis que la majorité s'appauvrit inexorablement.  

Quels sont les principaux sujets abordés ?
Tout d'abord on analyse l'origine de cette forme d'agriculture qui vient des surplus d'armes de l'après guerre, qui est donc une agriculture d'attaque contre la terre. Ensuite on voit comment s'est perpétré un véritable génocide des paysans, puis comment, dans une logique de profit pour les industries chimiques et pétrolières et en volant l'argent public au profit de quelques-uns, on a éliminé tout ce que la terre et les animaux donnaient gratuitement pour y substituer des semences non reproductibles, de la chimie à outrance et l'éradication de la biodiversité. Ce qui était précieux dans la biodiversité, c'est que chaque paysan gardait et sélectionnait les semences qui convenaient le mieux à son terroir, ce qui lui donnait la liberté et l'autonomie.  

Les puissances industrielles sont venues mettre « de l'ordre » dans cette liberté en confisquant et interdisant les semences locales et en imposant des semences non reproductibles, qui ne poussent qu'avec des engrais et des pesticides et qui sont protégées par des brevets que la population paye, enrichissant ainsi les industries semencières et pétrolières. Tout ce processus aboutit à la mort de la terre qui devient un désert, virtuel pour le moment, car nous avons encore un peu de pétrole, mais sans pétrole nos terres sont stériles, mortes, ne peuvent plus rien produire.  

Le patriarcat est-il seul responsable du «déséquilibre global» ?
Le patriarcat est une phase (passagère dans l'histoire de l'humanité) de déséquilibre entre les hommes et les femmes. Ce déséquilibre castre l'humanité de la moitié de ses forces et de sa créativité, il est responsable des dérives violentes et mortifères de nos sociétés. C'est une maladie infantile, cela se soigne, et les mouvements de libération des femmes qui secouent nos sociétés depuis quelques siècles sont un début de remède à ce mal. Les maladies infantiles peuvent être très dangereuses et mettre en péril la vie de notre jeune humanité. Jeune car nous sommes les derniers arrivés dans l'ordre des espèces vivantes, et probablement les moins bien adaptés à ce monde.  

Toute la question est : passerons-nous cette épreuve ?
L'un de nos grands «chantiers» philosophiques actuels est d'accepter que l'humain n'est supérieur à rien. L'accepter c'est vivre une blessure narcissique très violente, du même ordre que celle qui nous a frappés lorsque nous avons dû accepter de voir que la terre était ronde, tournait autour du soleil, qui n'était lui-même qu'une banale étoile semblable à des milliards de milliards d'autres dans un univers dont les véritables dimensions nous échappaient.   Pouvez-vous nous donner quelques exemples de solutions ? Une des solutions c'est un «retour en avant» : retrouver à travers de petites structures locales une autonomie alimentaire sans produits chimiques, qui nous rende notre liberté et assure notre subsistance. C'est ce que Vandana Shiva appelle la réinvention de la démocratie. Cette nouvelle démocratie, qui permet de faire le lien entre la terre et l'assiette, n'est pas en lutte contre les inventions techniques et la modernité des communications, il ne s'agit pas d'un retour à l'âge des cavernes. Il s'agit d'exiger notre droit à nous nourrir par nous mêmes, notre droit à la santé et notre liberté à travers l'autonomie.  

Source : dossier de presse du film (mars 2010)


L'agriculture biologique peut-elle nourrir le monde ?

Les seules personnes qui pensent que l'agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l'imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiques arrogants. Vrai ?


En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l'industrie agricole, de scientifiques spécialisés dans l'environnement et dans l'agriculture et d'experts agricoles internationaux pensent qu'une transition à grande échelle vers l'agriculture biologique permettrait non seulement d'augmenter l'approvisionnement alimentaire mondial mais serait peut-être même la seule manière d'éradiquer la famine.

 

Cela peut paraît surprenant. Après tout, les agriculteurs biologiques rejettent les pesticides, les engrais synthétiques et les autres outils devenus synonymes d'agriculture à haut-rendement. Au lieu de cela, ils dépendent de l'élevage pour avoir du fumier et doivent faire pousser des haricots, du trèfle ou d'autres légumes fixateurs d'azote et fabriquer du compost ou d'autres formes d'engrais qui ne peuvent être produits dans des usines chimiques mais qui doivent être cultivés - et qui consomment donc de la terre, de l'eau et d'autres ressources. (La production d'engrais chimiques nécessite elle des quantités importantes de pétrole.) Dans la mesure où les agriculteurs biologiques s'interdisent l'utilisation de pesticides synthétiques, on peut penser que leurs cultures sont dévorées par des hordes d'insectes, leurs fruits frappés par la pourriture brune des cabosses et leurs plantes étouffées par les mauvaises herbes. De plus, comme l'agriculture biologique nécessite une rotation des cultures pour aider à contrôler les parasites, on ne peut cultiver aussi souvent dans le même champ du blé du maïs ou tout autre produit.


En conséquence, nous dit-on, dans un monde dépendant de l'agriculture biologique, on devra cultiver plus de terres qu'aujourd'hui - même si cela signifie moins de pollution, moins d'animaux de ferme maltraités et moins de résidus cancérigènes dans nos légumes. « Nous n'allons pas nourrir 6 milliards d'êtres humains avec des engrais biologiques » a déclaré Norman Borlaug, phytogénéticien et prix Nobel, lors d'une conférence en 2002. « Si nous essayons de le faire, nous abattrons la majorité de nos forêts et beaucoup de ces terres ne seront productives que sur une courte période. » Le chimiste de Cambridge John Emsley le dit de manière plus abrupte : « La plus grande catastrophe à laquelle la race humaine pourrait faire face durant ce siècle n'est pas le réchauffement planétaire mais une conversion planétaire à 'l'agriculture biologique' - environ 2 milliards de personnes en mourraient. »


Ces dernières années, l'agriculture biologique a attiré une plus grande attention, pas seulement de la part des critiques qui craignent que son adoption à grande échelle ne conduise des milliards de personnes à la famine, mais aussi de la part des agriculteurs et des agences de développement qui pensent qu'une telle transition pourrait être bénéfique pour les populations affamées. Malheureusement, à ce jour, personne n'avait cherché à établir par une analyse systématique si une transition généralisée vers l'agriculture biologique se heurterait au manque de nutriments et à une production insuffisante. Les résultats sont saisissants.


La suite de cet article de Brian Halweil, chercheur à l'Institut Worlwatch, dans le PDF en téléchargement.


Article sur La Bio peut-elle nourrir le monde ?

Dernière mise à jour le 06/10/2014

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