Eau et Bio : Actions du réseau CAB

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Retour sur le colloque national « Eau et Bio » du 16 juin 2015

Le 16 juin dernier, la FNAB organisait dans le Finistère un colloque sur le nouveau site pilote « Eau & Bio » du captage de Fouesnant. Il vient rejoindre les cinq autres sites pilotes du bassin loire-Bretagne : trois anciens constitués par les captages de la Rochelle (17), Plaines de Niort (79) et la Bultière (85) et deux autres nouveaux sites : le bassin rennais (35) et le Ribou (49). Ce colloque a été l’occasion d’échanger avec les 170 participants, dont la majorité était des élus ou des techniciens de captages ou de SAGE (Schémas de gestion et d’aménagement des eaux) sur le développement de la Bio autour des captages dans des approches intégrées de territoires.

 

Le Pays Fouesnantais a dû engager des plans d’action de lutte contre les pollutions agricoles à partir de la fin des années 1990, du fait de la mise en péril de la qualité des eaux pour les conchyliculteurs, la baignade et l’alimentation. Les pratiques agricoles intensives en polyculture élevage et en production légumière industrielle en sont à l’origine. La communauté de communes a souhaité s’engager en direct en créant en régie une équipe pluridisciplinaire de conseil auprès des agriculteurs. Cela a abouti à un taux de 96 % d’exploitations diagnostiquées et à 78 % des surfaces engagées dans des modifications de pratiques, dont 4.6 % des surfaces engagées en bio. L’objectif est d’atteindre au minimum 10% des surfaces en bio, afin de tirer l’ensemble de l’agriculture local vers des pratiques plus vertueuses. Différents leviers, en plus des aides nationales, sont utilisés pour favoriser la bio : priorité dans la restauration collective, gestion du foncier et transmissions d’exploitations.

 

Les exemples des Plaines et vallées de Niort (79) et du Val de Drôme (26) consolident l’analyse sur  l’intérêt qu’ont les collectivités à investir la problématique de l’eau comme axe de développement local reliant la préservation de l’eau pour tous les habitants, la préservation de la biodiversité, l’aménagement et le développement économique. Ces deux territoires ont atteint respectivement 6%  de SAU bio en moins de 10 ans pour les Plaines et vallées de Niort et 20 % pour le Val de Drôme, certes en 30 ans.

 

Eau de Paris s’approvisionne sur une zone géographique large, avec des eaux de qualité variable. Sur l’aire d’alimentation des sources de la vallée de la Vanne, située entre Bourgogne et Champagne-Ardenne, Eau de paris a instauré depuis 2008 un plan de prévention des pollutions diffuses agricoles basé uniquement sur le développement de la Bio, qui a abouti à multiplier par 6 les surfaces bio, pour atteindre 6.6 % de la SAU. Outre des aides bio revalorisées, là encore on constate un investissement fort de la ville de Paris pour intégrer des produits bio dans la restauration collective. Elle a également aidé les coopératives céréalières bio du bassin Seine-Normandie à investir dans des silos et dans de l’animation technique pour favoriser les conversions.

 

Nous avons pu globalement constater lors de ce colloque que le fort investissement du réseau FNAB depuis 10 ans sur l’approche territoriale commence à porter ses fruits dans les politiques locales de l’eau. L’exemple du captage du Ribou près de Cholet, qui vient de rejoindre les sites pilotes Eau & Bio, devrait permettre d’échanger avec les collectivités sur leurs modes d’intervention et d’investissement.


Patrick LEMARIE (CAB) - juillet 2015
  


SDAGE et arrêté nitrates : les analyses du réseau CAB

Une première occasion donnée en 2013  pour développer nos analyses a été donnée par la consultation publique organisée par l'Agence de l'eau pour définir les questions importantes à débattre pour élaborer le futur SDAGE. Le réseau bio a communiqué sur cette consultation lors des Assemblées générales départementales et régionale  et a participé aux débats organisés par l'Agence de l'eau.

Notre conviction profonde est que la protection de l'eau doit être au centre des politiques publiques à long terme, comme le prévoit la directive cadre européenne sur l'eau. Les dérogations et reports incessants mettent à mal le respect des échéances décidées collectivement au niveau européen. Or, la responsabilité de l'agriculture sur le mauvais état de l'eau est clairement mise en avant par les études. du fait qu'elle consomme  95 % des produits phytosanitaires utilisés en France et que la contamination des nappes par les nitrates est essentiellement d'origine agricole avec les engrais chimiques et les effluents d'élevage.  

La maîtrise des pesticides et des engrais est en fait très liée à une meilleure adaptation des exploitations agricoles à leur milieu : Plus on veut produire de manière homogène quelques soient les milieux, les mêmes productions, les mêmes espèces partout avec les mêmes rendements, plus on doit artificialiser l'agriculture et donc utiliser des phytos et des engrais. Il faut donc avant tout adapter les activités agricoles aux caractéristiques de chaque territoire.  

Par ailleurs, les agriculteurs ne peuvent pas seuls modifier leurs pratiques si par ailleurs les acheteurs (consommateurs directs, transformateurs ou distributeurs) ne s'adaptent pas : à des produits différents (éventuellement une moins « belle » apparence), disponibles selon la saison et à des prix rémunérateurs pour les producteurs (et pas forcément plus chers pour les consommateurs eux-mêmes).

Deuxième discussion « citoyenne » en 2013 : l'élaboration du nouvel arrêté nitrates régional. Discussion « citoyenne » car pour la première fois, non seulement nos organisations agricoles alternatives (réseau Bio et réseau des CIVAM) ont été conviées aux discussions, mais également les associations environnementales et de consommateurs.   Il nous parait indispensable, au-delà de la réglementation, de mettre en place des politiques publiques qui favorisent le développement, non seulement de systèmes de production qui respectent l'environnement mais plus globalement de filières agricoles respectueuses de l'environnement et qui permettent aux producteurs et aux opérateurs économiques d'aval de vivre décemment de leurs activités.  

Les réglementations environnementales doivent par ailleurs être cohérentes sur les différentes atteintes à l'environnement : il nous paraît ainsi tout à fait inacceptable d'accepter des dérogations de traitements chimiques pour détruire des cultures pièges à nitrates en fin d'hiver ! A quoi bon lutter contre les nitrates si on augmente les risques de lessivage de désherbants vers les nappes.  

La base pour résoudre le problème des excès de nitrates est de les réduire  à la source : cette réduction passe par l'augmentation de l'autonomie des fermes que ce soit pour l'alimentation des plantes (moins d'achats d'engrais),  ou celle des animaux (moins d'achats de soja en particulier), en s'appuyant sur les capacités propres à chaque milieu. Si cette dynamique là est donnée, alors les règles de plus en plus complexes qui encadrent le métier d'agriculteurs (plans et période d'épandage, implantations de CIPAN, plafonds de pression en azote,...) deviendront inutiles.  

Commission EAU de la CAB - Lettre EAU octobre 2013


Lettre EAU & Bio N°1 - octobre 2013

L’agriculture biologique l’alternative pour protéger l’eau durablement

L’eau, bien si précieux indispensable à la vie, est aujourd’hui au centre de la réalité agricole et au coeur des défis environnementaux. La France s’est engagée au niveau européen en signant la Directive Cadre sur l’Eau, la Directive Nitrates, la Directive Eau Potable, la Convention OSPAR1; s’en sont suivies la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques et les Lois Grenelle de l’environnement.

 

Ces lois et directives ont pour objectif d’atteindre le bon état écologique des eaux, but ambitieux mais ô combien nécessaire pour aujourd’hui et demain. Il est à noter que les dépenses annuelles entraînées par les pollutions agricoles diffuses sont estimées entre 1,1 et 1,7 milliard d’euros2. Il est nécessaire de protéger et restaurer les milieux humides et aquatiques pour tous les services écosystèmiques rendus et pour leur qualité paysagère, trop souvent ignorés ou dégradés au nom de besoins humains.

Le réseau de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des Régions de France (FNAB), conscient de l’impact des activités agricoles et sensible aux besoins des générations futures, est résolument engagé dans la réussite de la restauration de la qualité des eaux. Il apporte son expertise et son savoir-faire auprès des Agences de l’eau, des collectivités et des acteurs de l’eau pour changer les pratiques agricoles en vue de développer l’agriculture biologique dans un intérêt collectif.


Raoul Leturcq
Agriculteur biologique dans l’Oise, référent national Eau FNAB


Plaquette FNAB = EAU et AGRICULTURE BIOLOGIQUE

Dernière mise à jour le 26/05/2016

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