Eau et agriculture Bio : Qualité de l'eau

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Enquête publique de l'Agence de l'Eau

Le Comité de bassin Loire Bretagne a lancé une consultation publique qui a débuté le 1er novembre 2012 et s'achève le 30 avril 2013 en vue de préparer la révision du futur plan stratégique pour l'eau (SDAGE) sur le bassin de 2016 à 2021.

En tant qu'organisations de producteurs en agriculture biologique, la CAB Pays de la Loire considère que notre activité en agriculture biologique fait de nous non seulement des producteurs d'aliments, mais aussi des « producteurs d'eau ». C'est pourquoi nous pensons qu'il est très important qu'un maximum de citoyens réclame lors de cette consultation publique que l'agriculture biologique soit placée au centre des soutiens de l'Agence de l'eau dans le futur SDAGE.  Nous vous communiquons nos analyses sur ce qui nous semble important à débattre pour améliorer la qualité de l'eau sur notre bassin.  

Et nous vous encourageons à prendre quelques instants, AVANT LE 30 AVRIL, si vous ne l'avez pas déjà fait,  pour répondre au questionnaire en ligne proposé par l'Agence de l'eau.
http://www.eau-loire-bretagne.fr/ 


Révision du SDAGE - Proposition CAB

L’agriculture biologique l’alternative pour protéger l’eau durablement

L’eau, bien si précieux indispensable à la vie, est aujourd’hui au centre de la réalité agricole et au coeur des défis environnementaux. La France s’est engagée au niveau européen en signant la Directive Cadre sur l’Eau, la Directive Nitrates, la Directive Eau Potable, la Convention OSPAR1; s’en sont suivies la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques et les Lois Grenelle de l’environnement.

 

Ces lois et directives ont pour objectif d’atteindre le bon état écologique des eaux, but ambitieux mais ô combien nécessaire pour aujourd’hui et demain. Il est à noter que les dépenses annuelles entraînées par les pollutions agricoles diffuses sont estimées entre 1,1 et 1,7 milliard d’euros2. Il est nécessaire de protéger et restaurer les milieux humides et aquatiques pour tous les services écosystèmiques rendus et pour leur qualité paysagère, trop souvent ignorés ou dégradés au nom de besoins humains.

Le réseau de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des Régions de France (FNAB), conscient de l’impact des activités agricoles et sensible aux besoins des générations futures, est résolument engagé dans la réussite de la restauration de la qualité des eaux. Il apporte son expertise et son savoir-faire auprès des Agences de l’eau, des collectivités et des acteurs de l’eau pour changer les pratiques agricoles en vue de développer l’agriculture biologique dans un intérêt collectif.


Raoul Leturcq
Agriculteur biologique dans l’Oise, référent national Eau FNAB


Plaquette FNAB = EAU et AGRICULTURE BIOLOGIQUE

Etude Pays de la Loire : les plus de la Bio mesurés grâce à DIALECTE

Nous ne disposions pas jusqu'à présent de références environnementales sur les fermes Bio des Pays de la Loire. L'étude Dialecte débutée en 2007 a comblé ce déficit. Dialecte est un outil développé par l'association SOLAGRO. Il est basé sur les principes de l'agronomie et de l'agroécologie. Les risques d'impacts sur l'environnement sont mesurés par des indicateurs. 

 

37 fermes d'élevage Bio ont été diagnostiquées en 2007 en Pays de la Loire en partenariat avec les Chambres d'agriculture. Leurs résultats sont largement supérieurs à ceux des élevages classiques enregistrés dans la base Dialecte, aussi bien sur la notation globale des systèmes de production (81/100 pour les Bio, contre 61/100 pour les classiques), que sur les notations par thèmes (eau, sol, biodiversité, consommation des ressources). Les points forts des élevages Bio sont  :

  • - La plus grande diversité des productions végétales
  • - Une meilleure couverture des sols en hiver
  • - La quasi absence de cultures irriguées
  • - Une meilleure autonomie en concentrés
  • - Une efficacité énergétique supérieure
  • - L'absence de phytosanitaires 

FICHE : étude DIALECTE
Etude DIALECTE (version complète)

Exemple de Munich : l’agriculture biologique, un choix à 0,01 euro/m3...

Afin d'obtenir une eau de qualité et réduire les processus coûteux de traitement, la ville de Munich a décidé d'agir en amont. Depuis 1991, elle encourage l'agriculture biologique sur les 2 250 hectares de terres agricoles situées à proximité des captages d'eau potable.

 

Depuis le début du XXème siècle, le Stadtwerke München (SWM : service municipal de distribution des eaux de Munich) achète des terrains situés sur la zone d'influence des captages pour les boiser et ainsi préserver la ressource en eau. Malgré cette politique de prévention, depuis les années 60, les teneurs en nitrates ont progressivement augmenté. La région étant essentiellement recouverte de forêt et d'exploitations agricoles, l'augmentation des teneurs en polluants observés est principalement le résultat de l'intensification progressive de l'agriculture. Les teneurs observées en 1991 (14,2 mg/L pour les nitrates et 0,065 mg/L pour les pesticides) restaient bien inférieures aux normes de potabilité (50 mg/L pour les nitrates et 0,5 mg/L pour les pesticides). Néanmoins, le SWM a décidé de réagir.

 

En 1991, le programme de promotion de l'agriculture biologique a débuté. Pour encourager l'implication des agriculteurs, la ville de Munich décide d'accompagner les agriculteurs avec : 

 

Accompagnement technique : Les associations biologiques locales sont soutenues pour appuyer les producteurs engagés dans une conversion bio.

 

Accompagnement financier : La municipalité finance intégralement le premier conseil donné par les associations aux candidats à la conversion ainsi que les contrôles annuels. La municipalité verse aussi une aide aux producteurs pour honorer leur contribution à la protection de l'eau : 280 €/ha pendant six ans puis 230 €/ha les douze années suivantes. L'Etat verse également des aides : 155 €/ha/an dans le cadre des programmes agro-environnementaux. La taille moyenne des exploitations de la zone étant de 24 ha, un agriculteur du territoire touche environ 10 440 € / an.

 

Accompagnement commercial : Munich est devenu le premier client des producteurs bio. Sur les 13 000 litres de lait produits chaque jour, 5 000 sont distribués dans les crèches. Dans les lycées, les étudiants peuvent trouver des sandwichs et pains bio. Depuis 1991, 83 % des 2 250 ha de terres agricoles sont passés en bio. De 23 en 1993, ils sont aujourd'hui 107 agriculteurs à pratiquer l'agriculture bio.

 

Les résultats sur la qualité de l'eau sont visibles: depuis 1991, les teneurs en nitrates ont diminué de 43 % (baisse de 14 à 8 mg/L) et les teneurs en phytos de 54 % (baisse de 0.065 µg/L à 0.03 µg/l).

 

Le programme de soutien à l'agriculture bio coûte 750 000 € / an à la SWM, soit moins de un centime d'euros par mètre cube d'eau distribuée. A titre de comparaison, le coût de la dénitrification d'une eau de plus de 50 mg/L (évitée grâce à la politique préventive de Munich) est estimé en France à 27 centimes d'euros par mètre cube d'eau distribuée. Sur le long terme, Munich réalise donc d'importantes économies en encourageant l'agriculture bio !


Dernière mise à jour le 14/05/2013

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