Structuration des filières : Céréales

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Dossier CEREALES : bilan sur la filière

La région des Pays de la Loire, avec ses 1091 producteurs pour 22 275 ha (bio et conversion), se place au deuxième rang au niveau national concernant sa surface totale de céréales et oléo-protéagineux (12% des surfaces bio national) juste derrière la région Midi-Pyrénées. La collecte du Grand Ouest progresse de 13 % par rapport à la campagne précédente. Cela est en lien avec l’augmentation des surfaces malgré des conditions climatiques peu favorables depuis 2010. La collecte représente 40 % du niveau national dont 11 points pour la Bretagne (stable) et autant pour les Pays de la Loire (en hausse). Les stocks au 30 juin 2012 du Grand Ouest progressent de 60 % par rapport au 30 juin 2011. Ils représentent 39 % du total national, soit 20 981 tonnes, dont 7 points pour la Bretagne (stable) et 18 pour les Pays de la Loire (en hausse). Le maïs est la principale culture stockée car il lui faut répondre aux besoins jusqu’à la récolte. Il est à noter la progression de la part des céréales à pailles qui peut s’expliquer par la bonne production des fourrages sur la campagne céréalière 2011-2012 qui aurait permis de diminuer l’utilisation de céréales. 


La récolte 2012 est assez contrastée. Pour les céréales d’été, l’année est globalement moyenne sauf dans les régions du Sud où les rendements sont plutôt bons (Midi Pyrénées, Aquitaine, Rhône-Alpes en plaine). Les variations intra-régionales sont fortes en fonction des types de sols et de l’altitude. Les terres séchantes ont généralement réalisé de bons rendements. Toutefois, l’an dernier, les surfaces en conversion étaient conséquentes ; une augmentation de la collecte de céréales biologiques est donc prévisible. Les premiers éléments de la collecte semblent le confirmer avec une augmentation significative de la collecte de blé en bio et de triticale et d’orge en bio et C2.

 

Pour le maïs à l’inverse les récoltes sont meilleures à l’est qu’au sud et la collecte s’annonce plus faible que l’an dernier. Concernant les protéagineux, il y a eu beaucoup de dégât de gel un peu partout et il ne semble pas y avoir d’augmentation notable de surface. La collecte sera sans doute en baisse. En terme de qualité, le taux protéique des blé tendres est généralement bon ; les PS plus inquiétants. Dans un contexte général difficile qui se prolonge, les marchés des produits biologiques ont continué de progresser en 2011 de 11% par rapport à l’année précédente. 47% de la collecte et des importations de graines biologiques sont destinées pour l’alimentation humaine. Les utilisations par les meuniers français poursuivent une progression mesurée d’environ 5%. Les utilisations par les FAB pour l’alimentation du bétail progressent elles de 20% pour les graines de céréales, de 38% pour celles d’oléagineux et diminuent pour les protéagineux faute de graines disponibles.

 

L’importation de graines de protéagineux est estimée à plus de 5 000 tonnes contre environ 1 000 tonnes l’année précédente et les stocks de fin de campagne en diminution de 40% par rapport à ceux de la campagne 2010/11. En 2011, on note une évolution des cheptels conduits en bio : +24% de vaches certifiées bio, +14% de brebis, +27% de chèvres, +10% de truies, + 9% de poulets de chair, +31% de poules pondeuses.

Plus d'informations : DOSSIER CEREALES - janvier 2013 


Dossier céréales - janvier 2013

Grandes cultures : Bilan et conjoncture de la campagne 2011 / 2012

Dans un contexte où les surfaces en Grandes Cultures se développent à l’échelle nationale et en Pays de la Loire  et à l’aube des récoltes de maïs et de tournesol, le bilan 2011 confirme une hausse de la demande et des prix payés aux producteurs et laissent présager de bonnes perspectives pour la campagne 2012/2013.  Mais la demande en protéines reste très forte avec des prix de soja bio qui arrivent à 900 € par tonne, imposant des coûts alimentaires en forte augmentation pour les élevages de volailles et de porcs.

 

Positionné comme l’espèce phare, le blé meunier présente une qualité très hétéroclite selon les zones de production et les systèmes de production. Les experts s’associent à dire que la demande reste accrue de la part de transformateurs, qui s’approvisionnent encore à l’importation.


Céréales, un bilan hétérogène

Les prix du blé bio ne suivent pas l'envolée du conventionnel, cependant les prix se maintiennent sur ceux de l'an passé. Par contre en cultures fourragères (blé, orge, triticale), les indicateurs soulignent de bons rendements et le maintien d’un niveau des prix équivalent à ceux de 2011. Nous observons une stabilité des prix des cultures de petits volumes telles que l’épeautre et le seigle. N’ayant pas d’informations concernant le maïs, nous dresserons un bilan après récolte dans le prochain numéro du bulletin CAB.

 

Protéagineux et oléagineux, mêmes constats

A l’échelle nationale, certaines zones de production annoncent une légère baisse de rendement due essentiellement à la conséquence du gel hivernal. En cette fin de printemps, une demande s’est faite sentir du côté des fabricants d’alimentation du bétail en pois et en féverole et a pu être satisfaite grâce à des stocks restant sur le marché. Concernant le colza et au vu du gel de cet hiver, les graines françaises se négocient plutôt bien malgré des achats au coup par coup et aux achats sur le marché d’importation. Les tourteaux de colza et de tournesol ont présenté un niveau assez stable tout au long de la campagne. Comme pour le maïs, nous réaliserons un bilan tournesol après récolte mais nous noterons un prix stationnaire pour les récoltes 2011. La campagne 2012 annonce de bons rendements en perspectives. Les prix des tourteaux de colza et de tournesol ont qu’en à eux connu un niveau de prix assez stables sur la campagne voir en légère diminution en début d’été.

 

Tourteaux de soja, la folie est au rendez-vous

Espèce au cœur des préoccupations de demain, pour les filières animales et alimentation humaine et sollicitée sous formes graines entières, extrudées ou en tourteaux, nous avons pu constater une hausse brutale du prix du soja bio ces derniers mois. Avec le scandale italien, la réglementation pour l’alimentation des monogastriques et des disponibilités restreintes, nous constatons également que cette situation pousse les acteurs de la filière à trouver des solutions d’approvisionnements diverses ou à essayer de substituer cette denrée si recherchée. A titre d’information, le prix de la tonne de tourteaux de soja est passée de 620-665 €/tonne à 840-890 €/tonne entre juillet 2011 et septembre 2012 (source : Dépêche du Petit Meunier).

 

Analyse des prix 2011 et perspectives 2012

Comme chaque année depuis 2007 et nous tenons à remercier la confiance des opérateurs, la CAB réalise une enquête auprès des organismes stockeurs ayant une activité de collecte en Pays de la Loire. Ces données ont pour vocation de vous offrir des points de repère et demeurent non exhaustives. Cette première enquête « collecteurs » sera complétée par une enquête réalisée auprès des producteurs afin de réaliser une photographie des rendements et de la qualité des récoltes.

 

Des écarts de prix importants

Comme le démontre les données présentées dans le tableau de synthèse, on observe des fourchettes de prix plus ou moins grandes selon les espèces. Ce phénomène s’explique par le positionnement stratégique de chaque opérateur économique en terme de marché et de politique d’entreprise. Si nous devions comparer ces prix finaux 2011 à ceux pratiqués en 2010, on observe une augmentation du prix des céréales à paille et des protéagineux, un cours relativement stable en maïs et tournesol. Seuls l’avoine et le colza accusent une légère diminution du prix d’achat aux producteurs.
  
En terme de politique de prix pour les récoltes 2012, on peut observer d’ores et déjà deux faits marquants en ce début de campagne : une situation d'attente sur les tarifs des blés meuniers et des céréales secondaires, et un positionnement très marqué sur les protéagineux de type pois et féveroles avec une hausse allant jusqu’à plus 40€/T dans la fourchette haute. Toute fois, cette situation évoluera dès l'ensemble des récoltes de maïs terminées vers un nouveau positionnement des cours.

 

Récolte 2010 Prix - récolte 2011 Prix- Récolte 2012
  Final
"départ ferme"
Acompte Final
"départ ferme"
Pt Meunier*
07/11 à 07/12
Acompte Pt Meunier*
07/12 à 09/12
Blé meunier 350-365 300-330 360-425 430-470 300-330 400-450
Blé fourrager 280-330 220-310 300-355 315-380 220-310 315-335
Triticale 260-300 220-270 285-355 300-370 220-250 310-325
Orge fourragère 260-285 220-260 260-340 300-370 220-240 305-315
Maïs 300-350 220-295 270-355 320-400 nc 330-350
Avoine (alimentation animale 210-300 190-240 220-300 260-310 190-240 290-300
Pois protéagineux 320-350 250-330 310-400 390-430 250-370 410-455
Pois fourrager 320-360 250-330 310-400 nc 250-370 nc
Féverole 300-350 250-330 300-395 390-430 250-370 410-455
Colza 500-680 400-475 505-680 730-800 400-475 750-880
Tournesol** 470-530 400-480 460-525 520-620 nc 530-670
. * Cotation Petit meunier : prix départ France (organisme stockeur et non culture), stade de gros par environ 25 T, hors taxes
** Tournesol : linoléique - en tout début de récolte - premières données sur le rendement
nc : non connu

Sébastien BONDUAU (CAB) - octobre 2012


Quand réglementation rime avec structuration pour faire face aux aléas climatiques

Les problèmatiques de fourrage connues en 2010 et 2011 ont poussé le réseau CAB à engager une réflexion sur les systèmes d'échanges directs entre producteurs. L'objectif est de trouver collectivement des solutions locales pour sécuriser les systèmes par des échanges contractualisées entre producteurs : foin contre fumier, foin contre grains... Tout ce travail vise à trouver des solutions pérennes pour l'autonomie des fermes en bio et pour la coopération entre producteurs bio, dans une logique de complémentarité (plutôt que la concurrence) entre productions végétales et productions animales.

Au-delà de l'effet structurel, on note la difficulté des principaux acteurs à s'investir dans un dispositif de contractualisation pluri-annuelle. Est-ce uniquement la faute de la conjoncture ou la remise en question d'une méthode de travail dans un contexte économique (prix des céréales, prix du lait, prix de la viande...) pesant ou alléchant selon la position des uns et des autres ?  

Une expertise acquise au sein du réseau
Avec l'ampleur de cette problématique, le réseau CAB a souhaité trouver des solutions concrètes aux producteurs. Dès 2007, la CAB s'est investie sur ce dossier suite à la sollicitation d'un groupement d'éleveurs de volailles. Avec cette première expérience, la CAB a accompagné deux autres groupements d'éleveurs sur des actions de relocalisation des échanges de grains. Ces missions menées pour le compte de groupements d'éleveurs ont permis au réseau d'acquérir des notions concrètes sur la mise en œuvre d'un dispositif de contractualisation entre plusieurs acteurs de la filière et/ou uniquement entre producteurs. En effet, ces échanges nécessitent de travailler sur la gestion d'une planification pluriannuelle des cultures de céréales et protéagineux, sur la rédaction de documents d'agréage de la qualité des lots et sur  la définition des prix de campagne. Il n'y a pas de recettes miracles mais chaque expérience a une raison d'être tant en filières longues qui réunissent plusieurs acteurs (producteurs, organismes de stockage, fabricants d'aliments) qu'en filières courtes. A l'échelle locale, les GAB/CIVAM Bio 53 accompagnent certaines actions de structuration d'échanges directs de fourrages et favorisent la rencontre entre l'offre et la demande en prenant en compte l'existant.  

Une problématique débattue à l'échelle nationale
Cette recherche de solutions pérennes face aux aléas climatiques ne se limite pas à la région des Pays de la Loire. La commission Grandes Cultures de la FNAB s'est ainsi réunie le 3 mai 2012 sur cette thématique pour mutualiser sur les actions réalisées au sein du réseau. Les représentants de huit régions ont pu présenter les actions en cours et les projets à venir sur le thème des échanges directs de graines et de fourrages entre producteurs. Ce tour de table des régions a permis de mettre en avant une volonté d'accentuer ce travail de mutualisation au sein du réseau, en valorisant les actions qui fonctionnent sans oublier les échecs observés.  

Des outils à destination des producteurs
Dans une approche de développement, la commission a souhaité travailler sur la création d'outils d'accompagnement destinés aux paysans sous une forme de boîte à outils. Cette « boîte à outils » aura pour ambition d'apporter des informations réglementaires et techniques sur les contrats, la qualité des graines et des fourrages, la constitution d'un prix, la logistique... Le format et le contenu de ce projet restent à approfondir afin de répondre au plus près des attentes du terrain. En parallèle, chaque région a été questionnée sur les conditions climatiques de ces dernières semaines et sur l'état de la pousse de l'herbe en vue de la prochaine commission Bio de l'INAO. A l'issue de cette première rencontre, les régions ont décidé de se revoir avant l'été afin de valider le contenu d'un programme d'actions orienté sur deux thématiques majeures : le développement des échanges directs de graines et de fourrages en région et l'accompagnement des changements de systèmes. L'objectif est de déposer notre demande de financements aux interprofessions (Interbev, Cniel...). Suite à la sollicitation de la FNAB, la CAB participera à cette dynamique et aura la responsabilité d'assurer l'animation de ce groupe de travail.  

Sébastien BONDUAU (CAB) - Juin 2012


Dernière mise à jour le 14/05/2013

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