Structuration des filières : Fruits et Légumes
FILIERES : La grande distribution contre-attaque
Malgré une part de marché de 31 % sur le marché des fruits et légumes selon le dernier baromètre de l'Agence Bio INDI et dans un marché qui recherche un second souffle, les enseignes développent de nouvelles stratégies commerciales basées sur une production française.
Auchan veut démocratiser le Bio avec du local
C'est un tout nouveau concept que vient d'inaugurer Auchan le 16 mai dernier dans l'Essonne. Sur une surface de 1000m2, le distributeur nordiste a repensé tout son concept de mise en marché de ses produits bio. Dans les rayons cohabitent marques nationales, MDD et des marques spécialisées Bio. Les fruits et légumes totalisent 18% de la surface du magasin. L'approvisionnement est assuré auprès de producteurs d'Ile de France, de grossistes spécialisés Bio et la centrale Auchan. « Notre volonté est de concurrencer les magasins spécialisés » affirme le directeur de Cœur de Nature. Si ce test s'avère concluant pour l'enseigne, de nouveaux magasins d'une surface de 300m2 en centre ville pourraient fleurir prochainement.
Casino lance « Casino Bio 100% origine France »
Engagé depuis de nombreuses années dans la promotion de modes de consommation responsables et solidaires, le groupe Casino renforce son implication auprès des producteurs français de fruits et légumes bio en supprimant, dès que la production le permet, les produits d'importation au profit de ceux cultivés en France pour sa marque propre Casino Bio. 34 références cultivées dans le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France composent l'assortiment qui évoluera au fur et à mesure des partenariats noués avec les producteurs Bio. Les premiers fruits et légumes de saison, courgettes, aubergines, tomates grappe, tomates cerise et poivrons Casino Bio « 100% origine France », sont disponibles depuis le mois de juin dans tous les magasins Casino (hypermarchés, supermarchés et magasins de proximité), puis de nouvelles références tels que les kiwis, pommes et carottes sont arrivées cet été.
Intermarché veut rendre la Bio accessible
« Le Bio et Intermarché ont des valeurs communes. Le projet d'Intermarché est de trouver dans les magasins un équivalent bio à tous les produits du quotidien. « Accéder à la qualité bio à un prix plus abordable ». En Fruits et Légumes, l'enseigne affirme son attention à parvenir, en 2013, à un rayon 100% d'origine France pour les productions nationale de saison. « Un produit bio qui vient de loin n'est pas crédible pour nos clients affirme un membre de la direction marketing international ». De plus, l'enseigne nous promet un grand projet pour les Fruits en Légumes en 2014, affaire à suivre.
Le réseau FNAB se positionne
L'arrivée des GMS sur le marché des F&L en circuits courts présente un certain nombre d'opportunités et de risques tant en termes de production, de structuration de la filière et de consommation de fruits et légumes. Suite à ce constat et dans un objectif de limiter les risques liés à l'arrivée de la GMS sur le marché des F&L locaux et faire bénéficier les producteurs et la bio de ses atouts potentiels, la FNAB a lancé une consultation en région en dernier. Réunis en réunion téléphonique le 3 décembre dernier, les représentants de chaque région ont pu apporter leur position sur cette question stratégique. Le premier tour de France et malgré un taux de réponse est relativement faible, les GRAB ont validé le fait de se saisir de la question. De plus, les régions ont souligné les difficultés rencontrées pour l'animation des débats : faible maîtrise du sujet par les producteurs et les salariés, manque de temps, controverse importante, difficile de sortir des postures. La commission, sous réserve du positionnement du CA de la FNAB a souhaité initier dès 2013 une série de rencontres avec les différentes enseignes afin de connaître leur schéma d'organisation, leurs pratiques commerciales (risques producteurs) et l'évolution de leur politique d'approvisionnement et de mise en marché des F&L bio.
Sébastien BONDUAU (CAB) - Janvier 2013
Maraichage : des nouvelles formes de commercialisation collectives
Avec la dynamique d’installation en maraîchage bio et de conversion de surfaces légumières, des tensions apparaissent sur les circuits longs, mais également localement. Pour accompagner ce changement d’échelle, il parait pertinent de travailler à favoriser l’émergence de démarches collectives à l’échelle locale. Globalement, les formes d’organisations économiques de producteurs de fruits et légumes bio à l’échelle d’un bassin de production sont aujourd’hui bien identifiées au niveau du réseau. Par contre, les formes collectives plus locales, plus « micro » sont moins bien identifiées et décrites.
Les projets locaux collectifs ont pleinement leur intérêt dans le contexte actuel. Ils favorisent la concertation entre maraîchers d’un même territoire, participent ainsi à la structuration des filières de proximité, à « décloisonner » les fermes et à consolider l’outil de production sur des aspects techniques, mais également économiques et encouragent l’émergence de complémentarité et synergie locale. Issue d’une réflexion du réseau Bio et validée en commission Technique Maraîchage Grand Ouest regroupant la Bretagne, la Haute-Normandie, la Basse-Normandie, Poitou-Charentes et les Pays de la Loire et avec l’appui de la région Centre sur le volet filière, la CAB a été sollicitée par la FNAB afin d’élargir ce projet à l’échelle nationale. Ayant trouvé un écho très favorable de la part du réseau bio, dix-huit régions ont validé leur volonté de participer activement à ce projet qui demeure également une attente des producteurs bio de leur région. Lors d’une réunion téléphonique le 9 novembre, les régions représentées ont validé un questionnaire qui servira à la mise en valeur de l’exemple existant sous forme de témoignages. Chaque exemple sera analysé sous un angle social, technique et économique. L’objectif majeur est d’alimenter la réflexion et de favoriser leur émergence.
Des premiers témoignages pour juin 2013
Lors de ce tour de table des régions, vingt et un thèmes ont été identifiés et classés en trois volets : production-agronomie, main d’œuvre/équipement et commercialisation. Les articles respectant une trame commune devront être transmis à la FNAB et seront soumis à un comité de relecture pour validation. La composition de ce comité sera discutée lors de la prochaine commission Maraîchage FNAB en mars 2013. A titre expérimental, deux enquêtes vont être menées d’ici la fin de l’année afin de valider la méthodologie définitive. En terme de calendrier, le réseau a prévu d’éditer l’ensemble des témoignages en juin 2013. Pour rendre disponible et lisible ces outils auprès des maraîchers, la FNAB et chaque région assureront la diffusion des fiches via leurs supports de communication (site, bulletin, recueil…) et lors des évènements professionnels (formations, groupes d’échanges, Bio Pratiquent, portes ouvertes, assemblées générales, salons…). En parallèle, l’espace maraîchage dans l’intranet FNAB sera mis en place début 2013 et vous permettra d’échanger plus largement (outils de planification, innovation pour la vente en circuits courts (casier à F&L). Si vous souhaitez faire part de votre expérience sur ce thème de la mutualisation, nous vous invitons à contacter directement Sébastien Bonduau 02.41.18.61.42 ou à cab.filieres@biopaysdelaloire.fr. La campagne 2011-2012 résonne encore aux oreilles des maraîchers avec son flot de conditions climatiques exceptionnelles : un printemps très humide, une pression maladie très importante sur de nombreuses espèces de plein champ et sous abris (pommes de terre, échalotes, oignons, tomates, concombres…) sans oublier ses vols de ravageurs (mineuses, teigne…). Face à cette situation particulière, le réseau projette d’organiser une rencontre lors de la prochaine édition du SIVAL (date à confirmer) afin de faire le bilan technique de la campagne (maladies, conservation, essais…), un point sur la tendance du marché et présenter l’accompagnement réalisé auprès des maraîchers par le réseau et les travaux de la commission technique Grand Ouest. Un courrier d’invitation sera envoyé à l’ensemble des maraîchers bio, aux groupements de producteurs et aux élus.
Rencontre « Bilan de campagne » au SIVAL pour les maraichers bio
Sébastien BONDUAU (CAB) - novembre 2012
Récolte « pommes-poires » 2012 : une tendance préoccupante
La CAB participe à la commission nationale des Fruits à pépin, pilotée par la FNAB. Cette commission, réunie fin juin a dressé un premier bilan décevant pour l'année 2012 avec des fortes baisses de rendements pour certaines régions. Les Pays de la Loire sont également touchés, avec des conséquences directes sur la sécurisation des exploitations de pommes et poires.
Un premier tour de table démontre des diminutions de rendements par rapport à une campagne classique de l'ordre de 30 % à 70%, voir jusqu'à 100 % sur certaines des fermes. Ces données sont variables selon les espèces (pommes, poires) et les variétés. Toutes les régions (Rhône-Alpes, Nord Pas de Calais, Lorraine, Alsace, Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Centre, Aquitaine) sont concernées hormis la région Provence Alpes Côtes d'Azur qui demeure relativement préservée. Cette région estime une perte de rendement allant de 10 à 20% en pommes et de 0 à 20% en poires.
Une perte moyenne de rendement de 20 %
Ces baisses sont essentiellement dues à de très mauvaises et exceptionnelles conditions climatiques de ce printemps (pluie, froid dont gel tardif, grêle, orages...) qui ont entraîné une mauvaise fécondation malgré une très belle floraison et des fruits déformés. A titre informatif et à l'échelle européenne, la perte de rendement bio et conventionnel tous confondus est estimée à 20% avec un peu plus de dégâts en Italie. La commission s'est donnée rendez-vous le 27 août prochain afin de réaliser un état des lieux de la campagne 2011 et affiner les données en terme de rendement et de qualité de la campagne 2012. Une enquête sera transmise aux arboriculteurs bio courant juillet-août dans l'objectif de contribuer à la rédaction d'une fiche filière nationale « Fruits à Pépins ».
Calamité agricoles : plusieurs démarches en cours
Plusieurs départements ont initié des démarches de reconnaissance « calamités agricoles » ouvrant droit à des indemnisations aux producteurs. Parmi ces départements, on retrouve le Nord et le Pas de Calais, le Finistère, le Lot et Garonne, la Loire-Atlantique et le Maine et Loire. Plus spécifiquement en Pays de la Loire, le dossier est porté par la Fédération Départementale des Producteurs de Fruits (FDPF). La mission d'enquête va débuter en juillet et des fermes bio seront visitées. Les Conseils généraux et le Conseil régional ont été sensibilisés également comme les caisses départementales de la MSA. Le réseau FNAB a pu être associé et le dossier est porté collectivement avec les Chambres et la FDPF. Les membres de la commission Fruits à pépins de la FNAB ont souhaité que lors de la mission d'enquête préalable, des fermes bio soient visitées. Si une exploitation bio est reconnue sur un département, l'ensemble des fermes peut être reconnu mais sous certaines conditions (au moins 30% de perte, perte de 13% du PBE...). Si vous n'avez pas été sollicités, renseignez-vous auprès de votre DDT(M) pour vérifier qu'une demande de reconnaissance est bien en cours. Les niveaux d'indemnisation seront établis en fonction des barèmes départementaux, rendements et prix moyens. Pour connaître ceux définis pour les pommes et poires bio, consultez également votre DDT. Par ailleurs, les collectivités territoriales peuvent venir compléter l'indemnisation du fond calamité agricole dans la limite de 80 % de taux d'aides publiques cumulées (90 % en zones défavorisées). Les caisses locales MSA et banques peuvent être sollicitées pour des reports d'échéances pour les versements d'annuités ou cotisations patronales.
Une démarche auprès de la MSA
La FNAB a envoyé un courrier à Gérard Pelhate, président de la MSA lui explicitant le contexte et en lui demandant d'accorder une attention toute particulière aux demandes des producteurs bio et d'apporter un appui pour faciliter l'avancée des dossiers à l'échelle locale.
Respect des bonnes pratiques de commercialisation
Biocoop, Biomonde, Naturalia, Pronatura, Satoriz et CohéFLor Bio se sont engagés lors du Salon de l'agriculture 2012 à respecter un ensemble de bonnes pratiques de commercialisation. Cette dynamique de filière s'organise pour faire valoir les spécificités des pommes et poires biologiques. L'objectif est de proposer aux consommateurs des pommes et poires biologiques diverses, de saison et de qualité, et de favoriser des relations commerciales équitables et durables. Depuis cette signature, les opérateurs de l'aval ont interpellé la FNAB sur une clause particulière concernant les variétés liées à une marque commerciale protégée. Un groupe de travail s'est constitué au sein de la FNAB dans un objectif de revoir le contenu de la charte. Cette nouvelle édition sera proposée aux signataires lors d'une réunion physique en novembre. Les membres du groupe de travail aborderont plusieurs axes tels que les conditions de diffusion, l'accompagnement à la formation de mise en rayons et gestion de magasins (programme pédagogique, visite de fermes, liens avec les centres de formation ....), la stratégie de communication... Plusieurs signataires sont d'accord sur le principe d'apporter un soutien financier aux outils destinés à la sensibilisation des consommateurs.
Sébastien BONDUAU (CAB) - juillet 2012
