Espace producteurs :

FCO : la fievre de la vaccination remonte

Au niveau départemental, régional et national une vraie défense s'organise pour contrer les dispositions relatives au nouvel arrêté. En réponse à des "punitions" très diverses de la part de l'administration, une stratégie unique est difficile à définir. Pour autant, travailler en commun est nécessaire.

Chez nos voisins Bretons, dans le département de l'Ille et Vilaine, 25 éleveurs ont été convoqués au tribunal de Grande Instance de Saint-Malo, devant le délégué du procureur. Le montant de l'amende proposé atteint les 10 euros par vache, en prétextant que la maladie serait contagieuse... Les éleveurs ont donc refusé de signer ce PV, et se sont rapprochés d'un avocat pour évaluer les suites à donner à leurs actions. Le positionnement se tourne vers le politique. A la veille des élections régionales, l'enjeu est d'interpeller et de communiquer sur les aberrations de l'obligation de vacciner.  

Mobilisation du collectif 44
En Loire-Atlantique, les éleveurs refuseurs ont été nombreux à participer à la réunion organisée par le collectif, en la présence de Maître Rousseau, avocat. Et c'est sur le même constat que s'est terminée cette soirée : il est urgent de faire un courrier à destination de la classe politique et des organisations agricoles locales pour rappeler nos arguments. A l'heure où les convocations et les auditions se déroulent, il était également important d'échanger avec les éleveurs sur leurs craintes et leurs questions. Comment se comporter lors d'une convocation à la gendarmerie ? Quels sont les risques encourus, entre l'ancienne campagne et la nouvelle ?  

Garder son calme et être sûr de son bon droit
Dans tous les cas, il reste primordial d'argumenter sur la non vaccination, tout en gardant son sang-froid. En cas d'audition, chacun peut avoir sa réaction : clamer son opposition et revendiquer l'adhésion au collectif, ou "je ne sais pas, je vais réfléchir et en parler à mon avocat". Il faut savoir que le refus de vacciner fait prendre le risque de payer une amende de 750 € / bête, et le fait de payer cette amende ne dispense pas de vacciner par la suite ! Nous vous conseillons fortement de consulter le "Vademecum du petit refuseur", un document synthétique disponible sur le site du GIE Zone Verte. Deux autres départements de la région, le Maine et Loire et la Sarthe, ont décidé de participer à la caisse commune permettant de rémunérer les services de l'avocat en charge de ce dossier.  

Stratégie nationale
La FNAB travaille sur ce dossier avec le GDRO (Groupement de Défense des Refuseurs aux Obligations de vacciner) et la Confédération Paysanne pour être dans une posture de contestation administrative, tout en cherchant une issue et ne pas lâcher sur la liberté vaccinale. La possibilité d'attaquer le nouvel arrêté semble pour l'heure mise de côté, car dans cette hypothèse, les chances de gagner sont minimes, et les conséquences peuvent être lourdes. Un recours gracieux a donc été préféré et déposé. En terme de communication, une page FCO va être mise en place sur le site de la FNAB, avec un document synthétique et stratégique disponible en ligne. La bonne centralisation des documents est également importante, notamment en ce qui concerne la liste des avocats chargés de ces dossiers, ainsi que des argumentaires disponibles. En région Pays de la Loire, les collectifs départementaux font un vrai travail de fond en ce sens, et c'est pourquoi nous demandons aux producteurs de les rejoindre, afin de ne pas rester seul.   Prochaine réunion : collectif Sarthois pour la liberté de lutte contre la FCO : mardi 3 février à 14h, à la Maison des Paysans (31 rue d'Arcole au Mans) en présence de Me Sablé, avocat associé au barreau d'Alençon. Objectifs : faire le point sur l'actualité FCO (départementale, régionale et nationale) et sur les actions menées par le collectif sarthois, et déterminer une stratégie collective (juridiquement et économiquement).  

Mathias Sportis (CAB)
Article du Bulletin CAB de février 2010


Bilan de la campagne de vaccination FCO

Depuis le début de l'épizootie - enzootie de fièvre catarrhale, les autorités sanitaires et agricoles n'ont point lésiné sur une propagande intense reprise en coeur et sans critiques ni réflexions par la plupart des OPA (Organisations Professionnelles Agricoles), depuis les Chambres d'Agriculture, jusqu'aux centres d'insémination en passant par le contrôle laitier et le contrôle de performance sans oublier la plupart des syndicats nationaux. Sans se poser de questions, nos pseudos experts sanitaires n'ont su que transposer leurs consignes appropriées aux maladies infectieuses proprement dites.

 

Que faire de ce moucheron aussi minuscule qu'imprévu qui ne voulait pas rentrer dans les logiciels de prévision de la fièvre aphteuse ? Amalgame complet avec les vraies maladies contagieuses, dramatisation à outrance de la réalité clinique, omission de certaines informations, mépris permanent des connaissances accumulées depuis 100 ans dans d'autres pays sur la maladie, tout a été fait pour affoler les éleveurs et imposer la seule politique du tout vaccinal. La peur collective est bien le premier outil de cette nouvelle technique de communication qu'est le catastrophisme. Malgré tout l'arsenal de propagande diffusé depuis 3 ans par la plupart des organismes agricoles, des journaux et revues spécialisées, des vétérinaires sanitaires et de l'administration, les éleveurs ont traîné les pieds, parce qu'une majorité d'entre eux, en particulier les éleveurs bovins ont vu passer la FCO-FCE sans les conséquences du « tsunami » sanitaire qu'on leur promettait.

 

Des accidents en nombre, passés sous silence

On en parle peu, pourtant, les accidents individuels ou collectifs se sont multipliés durant cette campagne de vaccination. Les vaccins ne bénéficiant que d'une ATU (autorisation temporaire d'utilisation) ont provoqué de nombreuses réactions inflammatoires au lieu d'injection, l'apparition d'abcès localisés ou généralisés, des nécroses et des gangrènes. Des cas répétés d'avortements ou de naissance de nouveaux nés débiles ou avant terme ont été signalés dans les troupeaux ovins. Les vaccinations renouvelées avec des adjuvants très agressifs, voire allergisants (hydroxyde d'aluminium et thiomersal) destinés à renforcer le très faible pouvoir protecteur du « virus tué » ont eu un effet immunodépresseur. Tous ces accidents ont été niés, escamotés. Même les baisses significatives de production ont été passées en pertes et profits. Il existe bien officiellement une « pharmaco-vigilance ». Mais auprès de qui celle-ci faitelle encore illusion ? Pourtant cette campagne cumule les risques avec trois vaccins issus de plusieurs souches et fabrications différentes, expérimentées à grande échelle grâce à une ATU et des flous ahurissants sur les doses et les modes d'emploi présents dans les boîtes ! « Et puis changer d'aiguille à chaque animal ? Désinfecter la peau ? Prendre latempérature en cas de doute ? Attendre la fin des mise-bas ? Non mais, vous croyez que les pauvres vaccinateurs n'ont que ça à faire ? » Aussi la pratique à grande échelle de vaccinations sur des animaux affaiblis ou en incubation de la maladie elle même, comme dans le sud ouest contre le sérotype 1 et dans l'ouest contre le sérotype 8, ou sur des mères gestantes a été admise et encouragée par les responsables sanitaires lors de la circulation virale de l'été 2008 malgré les multiples accidents survenus.

 

Une fuite en avant répressive

Devant les difficultés répétées de la campagne de vaccination (manque d'organisation dans la mise en place, manque de vaccins, défauts de répartition, accidents post vaccinaux ...), la perplexité des éleveurs, la dynamique des collectifs pour la liberté vaccinale et la détermination de leurs membres, l'Administration a choisi la fuite en avant dans la répression. Pourtant, la réflexion sur la suite à donner à cette campagne obligatoire mal engagée et contestée est officialisée par le ministère à travers deux groupes de travail. L'hypothèse de l'arrêt de la prophylaxie obligatoire et de la gestion privée de l'enzootie par les éleveurs (à leur charge) est le scénario préféré des autorités de l'Etat pour la prochaine campagne. Partout les promesses de sanctions sont propagées. Les courriers affluent, la presse agricole répercute les informations officielles. En ce moment, les éleveurs « refuseurs » reçoivent même des courriers dignes de maîtres chanteurs où les DSV leur promettent d'être les cibles privilégiées des contrôles PAC pour cause d'insoumission. Même si certains services vétérinaires perdent leur sang froid au point de monter un cas de FCO imaginaire, cautionné par la DGAL, comme en Haute Saône (voir cas Blithe sur notre site) il est parfaitement ahurissant de constater un pareil déchaînement de volonté répressive pour une cause sanitaire comme la FCO dont l'essentiel de l'épizootie et de l'expression pathologique sont déjà derrière nous.

 

Et maintenant ?

Toute maladie nous questionne sur la cohérence et l'efficacité de nos choix, alimentaires, génétiques, etc.. C'est la leçon que la FCO nous apporte pour préparer l'avenir. La multiplication des échanges et des transports aggrave en permanence le risque de déplacements d'agents pathogènes, le réchauffement climatique favorise la remontée en zone tempérée de maladies vectorielles exotiques qui peuvent trouver relais dans les populations d'insectes autochtones. Il est illusoire de vouloir vacciner tout le monde contre tout. La force réelle réside dans la capacité d'adaptation aux changements de notre environnement. Le respect des animaux domestiques, qui sont des êtres vivants (et non des « droits à produire ») caractérisés par leur longue histoire terrestre et leurs facultés naturelles d'adaptation, est la clé de toute résistance. Cela n'implique pas une priorité médicale mais bien un travail de fond permanent : la sélection des animaux les plus résistants et le refus de la consanguinité, le respect des besoins sociaux et d'espace, l'usage quotidien d'une alimentation adaptée à la physiologie notamment digestive des ruminants.

 

Les vétérinaires solidaires du GIE ZONE VERTE

Source : www.giezoneverte.com

 


Site internet des collectifs FCO contre l'obligation de vacciner


Rapport 2009 du GIE ZONE VERTE

Dernière mise à jour le 08/09/2010

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