Ressources techniques : Article technique du mois

Volailles bio : trouver la bonne formule

Pour la composition de l'équipe de France comme pour la formulation de l'aliment, chacun y va de sa petite recette. Il est pourtant essentiel de connaître certaines règles fondamentales, afin de garder un bon équilibre, sur le terrain comme dans la trémie. Cette question a été abordée lors d'une formation technique à destination des producteurs de volaille de chair qui ont ou qui projettent d'avoir une fabrique d'alimentation à la ferme (FAF).

Les producteurs de volailles achètent tout ou partie de leur aliment, et pour certains le choix de la FAF contribue à leur garantir une certaine autonomie alimentaire. Cette option ne doit pas se faire au détriment de la qualité, comme l'a rappelé Dominique Mary (DM Nutrition) lors de cette journée.  

Connaître les besoins
L'aliment démarrage ne devrait être donné que pendant les 15 premiers jours. En effet, à partir de cette date, les poussins ont déjà tous leurs organes en place, il faut donc baisser le taux de protéines. En démarrage, le taux de protéines brutes peut atteindre les 21% maxi, pour passer ensuite à 19% en croissance voire 16% en finition avec abattage tardif. Les taux d'acides aminés et de minéraux sont également primordiaux à surveiller (voir tableau). Les besoins en énergie métabolisable sont de 2900 kcal. Ce minimum est difficile à obtenir sans soja, et il peut être nécessaire de rajouter de la levure de bière dans la formule afin d'atteindre ce taux.  

80% d'énergie et 20% de protéines
Une ration équilibrée doit garder cette proportion, mais elle peut être amenée à varier suivant la pousse de l'herbe. En effet, même si les monogastriques, par définition, ne sont pas des ruminants, ils valorisent quand même l'herbe. Pendant les beaux jours, il faut ainsi baisser le taux de protéines d'environ 1 point pour obtenir une formule équilibrée. A contrario, une mauvaise qualité de matières premières peut engendrer un déficit en protéines : avec des pois attaqués à plus de 15% par des thrips, il est nécessaire d'augmenter le taux de protéines pour rééquilibrer. Attention également au développement de maladies cryptogamiques dû à des mauvaises conditions de stockage !  

Bien choisir ses matières premières
Chaque matière première doit être choisie en fonction de son apport en énergie et en valeur azotée. Un mélange de différentes variétés peut s'avérer efficace, afin d'apporter de la diversité dans l'alimentation. Le maïs a une très bonne valeur énergétique (3300 kcal). L'orge à 2 rangs est plus riche en énergie et en valeur azotée que le 6 rangs, mais il faut relativiser cela avec les cultures : pour diminuer la pression parasitaire, il est recommandé de faire un mélange de ces deux variétés d'orge, qui n'ont pas la même taille. On peut également l'associer avec un pois protéagineux. La valeur alimentaire du triticale est intéressante à tout point de vue (proche d'un blé, du fait de sa sélection), et cette céréale doit être intégrée dans la ration. Question protéagineux, la graine de soja extrudée est la plus équilibrée et la plus riche en protéine, mais on retombe toujours sur les mêmes problèmes de disponibilité en local ! La féverole est également équilibrée, mais elle contient des facteurs anti-nutritionnels, qui nécessitent alors soit l'extrusion, soit de limiter sa quantité. Il existe aujourd'hui des féveroles dont le taux de tannin (vicine et convicine) est plus faible ce qui permet d'augmenter légèrement son pourcentage dans la ration.  

Mettre en perspective avec son assolement
En fin de matinée, un temps a été pris pour tester les rations de certains producteurs, et évaluer leur équilibre. Il s'avère qu'il n'y a pas de recette toute faite, et les valeurs alimentaires théoriques sont évidemment à mettre en perspective avec le prix des matières premières, l'assolement de chaque éleveur, et les spécificités culturales : enherbement, rendement, matériel adapté, sol... L'après midi a été consacrée à la visite du GAEC Ursule, à Chantonnay, où des idées ont émergé pour donner une suite à ces journées de formation. Les éleveurs ont en effet eu quelques réflexions pour travailler également sur la qualité des céréales, notamment lors du stockage. Espérant ainsi avoir de meilleurs résultats que le onze de France...!

Mathias Sportis (CAB)   


Huiles essentielles pour le traitement des mammites : ça avance !

L'expérimentation démarrée l'année dernière en Ille et vilaine au sein de l'ADAGE (CIVAM 35) s'est poursuivie cette année. La Vendée et la Sarthe se sont jointes au projet début 2010. Les résultats issus de l'expérimentation de protocoles d'huiles essentielles contre les mammites sont très encourageants.

La FRAB Bretagne et la CAB Pays de Loire avaient déjà mené des premières expérimentations de terrains sur l'utilisation d'huiles essentielles pour les bovins laitiers. Plusieurs huiles, mélanges et excipients ont ainsi été testés en 2006, 2007 et 2008 toujours par voie intra mammaire. Les conclusions mettaient en cause le pouvoir d'inhibition des huiles dans le lait notamment pour les propriétés antibactériennes.  

Dans les laboratoires mais aussi sur le terrain
Les expérimentations menées par la FRAB il y a quelques années, avaient été faites en partenariat avec l'école nationale vétérinaire de Nantes.  Ainsi, des tests avaient eu lieu en laboratoire (en condition in vitro) sur l'efficacité des huiles sur différents germes. Cette année, des tests ont également eu lieu mais les souches de bactéries ont été prélevées sur le terrain (bouses) afin d'être sûr de pouvoir faire le parallèle entre les expérimentations en laboratoire et la réalité de terrain des fermes. Au total, une cinquantaine d'huiles et quatre mélanges ont été testés.  

Un nouveau protocole en 2010
L'année dernière, l'ADAGE a donc retravaillé cette thématique avec Michel Derval, naturopathe praticien humain, qui mène des expérimentations avec des éleveurs depuis déjà une dizaine d'années. Les formations mises en place dans les 6  groupes d'échanges en Ille-et-Vilaine ont permis d'avancer concrètement sur la mise en place de protocoles pour le traitement de diverses pathologies. Cette année, une vingtaine d'éleveurs laitiers vendéens et sarthois se sont joints aux quelques 80 bretons pour ces expérimentations.  Alors que l'année dernière, les applications avaient principalement été testées en massage sur la mamelle, cette années les protocoles ont été expérimentés avec une application de gouttes d'huiles au niveau de l'échin (sur l'épi) matin et soir pendant 7 jours. Cette zone centralise en effet tous les canaux énergétiques et l'information donnée est donc diffusée à l'organisme dans son ensemble.  

Un taux de réussite allant jusqu'à 65 %
En Vendée et en Sarthe, 55 mammites ont ainsi été traitées début 2010 avec un taux de guérison de 56 % environ. Ce taux est similaire à celui des expérimentations menées en Bretagne l'an passé. Cependant des améliorations sont à prévoir, puisque entre avril 2009 et janvier 2010, 97 mammites ont été traitées en Bretagne avec un taux de réussite d'environ 65 %, performance qui dépasse désormais celle des antibiotiques. Les avancées sur le terrain et en laboratoire permettent en effet de revoir les protocoles testés, d'en déterminer des plus adaptés pour chaque élevage. Parallèlement, la prise en main des protocoles et des huiles essentielles par les éleveurs s'améliore (plus de réactivité dans le choix du protocole à utiliser et dans son application).  Des améliorations sont encore possibles : il reste à savoir notamment s'il existe une corrélation entre l'efficacité des huiles seules ou en mélange (lorsque l'on mélange plusieurs huiles lors d'une application , en modifie t-on les propriétés ?). Des études et l'analyse des tests effectués cette année permettront d'avancer sur cette problématique.

A manier avec précautions
L'utilisation des huiles essentielles nécessite néanmoins des précautions et une prise d'informations en amont. Même si ces produits peuvent être facilement accessibles, il faut éviter de se lancer seul. Les formations permettent de connaître les propriétés de chaque huile, de comprendre comment se construit un mélange, et  surtout d'identifier le protocole adapté à la situation. Ce travail a surtout eu lieu sur les différents types de mammites et les problèmes de taux cellulaire. La réussite du traitement implique une détection et une mise en place du protocole rapide, donc un suivi sanitaire pointu. Lors de formations d'autres pathologies on été évoquées, de très bons résultats ont été obtenus sur les diarrhées des veaux, le parasitisme ou encore la fertilité.  

L'utilisation d'huiles essentielles permet donc une alternative aux antibiotiques tout en restant intéressante économiquement. En effet, le traitement n'implique pas la mise à l'écart du lait et coûterait environ 1.5 € par mammite (ADAGE). On reste loin du coût d'un traitement antibiotique et de la perte économique engendrée par un déficit de lait. Enfin, des commandes groupées peuvent être organisées pour limiter le coût d'achat des huiles.  

Marie Morineau (GAB 85) Goulven Maréchal (GAB 72)   


Des poulets en bonne santé : quelques pistes...

Pour éviter les accidents d'élevage et mener à bien ses bandes de poulets, certaines recommandations sont à respecter, et en particulier sur l'aspect sanitaire. Une formation à destination des éleveurs de volailles de chair biologiques a ainsi été organisée au lycée Nature de la Roche sur Yon, avec Dominique Mary comme intervenant.

Les mises en élevage sont des temps où il faut redoubler d'attention pour éviter des problèmes sanitaires. Ainsi, par exemple, avant le lot suivant, il est important de vider le silo et la chaîne d'aliments, de nettoyer et désinfecter avec un produit bactéricide et fongique, pour éviter les risques de développement d'un milieu anaérobie préjudiciable pour la bande à venir. Le vide du bâtiment après l'envoi des volailles doit se faire rapidement.  

Bien démarrer ses bandes

Les volailles doivent être remises en place sur un sol sec. Pour cela, il est nécessaire de pailler le bâtiment avec de la paille sèche, sans poussière ni moisissure. Il faut être attentif à la qualité de la paille. Pour pailler, en début de bande, il est important de prendre une bonne botte (la botte du milieu par exemple). Les bottes du dessus et dessous sont à utiliser pour les fins de bande (il est même conseillé de mettre une palette sous la 1ère botte, pour éviter un contact avec le sol). Si la paille n'est pas sèche, cela peut entraîner des soucis pulmonaires importants. La chauffe du bâtiment doit se faire lentement, en avance, et pas juste avant que les poussins n'arrivent (la température doit monter lentement afin de bien sécher les différents endroits du bâtiment).  

Les poussins aux petits soins

A l'arrivée des poussins, il est nécessaire de vérifier l'eau des abreuvoirs. Surveiller journellement les canalisations n'est pas une perte de temps, et disposer d'un robinet en bout de ligne permet de se prémunir de la constitution de biofilms. Pour les élevages qui fabriquent l'aliment, il faut mettre du maïs le premier jour, et le laisser ensuite sur deux jours avec l'aliment démarrage. Pour les élevages qui achètent l'aliment, il peut être conseillé de ne pas mettre l'aliment les 6 à 24 premières heures. En effet, la nature a tout prévu : que fait le poussin dans la nature avec sa mère ? Le vitellus contient toutes les protéines nécessaires à sa survie pour les 72 premières heures de sa vie. Ainsi, un excès d'azote peut provoquer des entérites.  

Attention aux nuisibles

Il faut être extrêmement vigilant aux rats et autres animaux nuisibles. Contre les rats, un âne peut être utile. Le lieu de stockage du maïs a également son importance. En effet, celui-ci contient de la vitamine k3 (anticoagulant), et qui peut donc avoir un effet antagoniste aux poudres contre les rats et souris. Concernant l'environnement du bâtiment, les mises a la terre des installations sont recommandées : chaîne d'alimentation, clôture électrique... Les perturbations électromagnétiques peuvent engendrer des troubles sur les animaux. De ce fait, il est primordial de passer du temps à l'observation des animaux à des heures différentes de la journée.  

Prochains rendez-vous des éleveurs en volailles de chair

En juin, une formation spécifique sur l'alimentation sera également organisée, pour ceux qui souhaitent ou qui fabriquent déjà à la ferme. Un point sur la formulation et l'équilibre des aliments est nécessaire pour un bon état qualitatif des poulets. Un suivi des résultats technico-économiques va également être mis en place.  

Mathias SPORTIS
(CAB) - mars 2010


Allier prévention et économie chez les ruminants

L'alimentation, le logement et les techniques d'élevages (foin, traite...) sont responsables de 87 % des pathologies dans les élevages (voir graphique). La prévention, principe fondamental du cahier des charges, se fait donc principalement sur ces critères qui permettront à l'animal de résister aux agressions.  Article paru dans Symbiose n°142 (janvier 2010).

Aucun animal supérieur ne digère la cellulose. Ce sont des bactéries qui assurent la digestion de la cellulose, le ruminant se contentant de contracter et dilater son rumen. Les bactéries cellulolytiques décomposent les molécules de cellulose et en récupèrent de l'énergie pour se nourrir et se reproduire. Cette réaction de fermentation des sucres entraîne la formation d'acides gras volatiles (AGV) qui diffusent très vite et sont responsables de l'acidification de la panse. L'amidon est dégradé de la même façon mais par une flore différente (flore amylolytique). Les molécules d'amidon sont beaucoup plus faciles à découper que les molécules de cellulose. La flore amylolytique libère donc de grandes quantités d'acide rapidement. Et l'acidification perturbe les flores cellulolytiques et amylolytiques qui fonctionnent pour un pH compris entre 6 et 6,8. Une mauvaise complémentation avec des foins précoces et/ ou des concentrés provoque une acidose qui empêchera le bon fonctionnement de l'usine bactérienne.  

Trois mécanismes permettent de tamponner cette acidification :

1- La salive (200 litres synthétisés chez les bovins en 24 h soit 2 kg de bicarbonate) qui tamponne pendant 20 min après la fin de l'ingestion. 
2- Le tapis fibreux qui sépare la phase gazeuse de la phase liquide de la panse (voir schéma). Il ralentit la chute des éléments et donc la libération des AGV.
3- Les papilles : plus les papilles sont développées et plus elles pourront absorber des AGV rapidement et diminuer l'acidose. Leur développement est conditionné par l'ingestion de foin (voir plus loin le sevrage des veaux).       


Ces Trois mécanismes conditionnent trois principes :

1- Les aliments salivogènes (foin fibreux ou paille) doivent être distribués avant les aliments acidogènes (concentré, ensilage, foin immature). 
2- Deux repas identiques par jour (même quantité et même composition).
3- Les auges doivent être vides de 12 à 17 h et la nuit.       


Ces principes permettent au troupeau de s'approcher de son comportement naturel. Les ruminants font les trois huit : 8 heures d'ingestion, 8 h de rumination et 8 h de repos.   En ration hivernale et en période de transition il faudra donner 2 Kg MS de foin fibreux / VL en tête de repas matin et soir pour constituer le tapis fibreux et faire saliver. Si le troupeau a accès à un râtelier de foin toute la nuit, il sera impossible de lui faire manger du foin le matin. L'odeur étant le premier critère d'ingestion, il sera possible de « tricher » pour faire manger un foin de moindre qualité  : Décoction à froid pendant quelques minutes d'un très bon foin et passer au pulvé sur un foin qui ne sent pas. 3 cuillères de miel de châtaigné dans un litre d'eau (puis un peu moins par la suite) au pulvé. Saler le foin au pulvé (= saumure si pas de pierre à dispo) Huile de colza   Après l'ingestion des 2 kg MS de foin, il faut distribuer les aliments acidogènes (ensilage, foin jeune, regain, concentré...) dans les 20 minutes qui suivent. Le respect de ces 20 minutes est important du fait du rôle fugace du bicarbonate salivaire. Au-delà d'une heure, le bicarbonate est déjà transformé et ne joue plus son rôle tampon.  

Complémentation de la ration

Le blé est déconseillé car il est très acidogène : en 2 heures les ¾ du blé sont fermentés alors qu'il faut 8 h pour digérer la ½ du maïs. L'orge, l'avoine ou l'épeautre sont à privilégier car leur temps de fermentation est plus long. Un foin précoce riche en sucre ou un ensilage d'herbe (très acidogène) appellera une complémentation avec de l'amidon lent de type maïs. L'amidon rapide de type triticale ou de sucre soluble type betteraves sera déconseillé. A l'inverse un foin tardif, pauvre en éléments fermentescibles sera complété avec des  éléments rapidement fermentescibles. Le seuil à ne pas dépasser est de 2 kg de concentrés maximum par repas. Les concentrés fins fermentent très rapidement. Les graines aplaties seront à privilégier car elles flotteront plus longtemps sur le tapis fibreux et seront donc fermentées moins rapidement.  

Au pâturage

Les variations de pH sont beaucoup moins importantes car la consommation est beaucoup moins rapide qu'à l'auge. En période de transition (printemps / automne) il faut prévoir 2 kg de foin avant la mise à l'herbe pour maintenir le pH et limiter le gaspillage.  

Sevrage des veaux

Pour favoriser le développement des papilles et construire un système immunitaire performant, le sevrage des veaux se fait à 6 mois : 2 buvées de 3 litres pendant les 3 premiers mois puis passage progressif à 2 buvées de 1 litre les 3 derniers mois. Le meilleur des foins disponibles sera donné (foin mature de prairie naturelle).  

Réaliser son minéral

Sel de mer le plus brut possible + argile (bentonite) + lithothamne + Chlorure de magnésium + Cu +  zinc (+ tous les oligoéléments....) 1/3 de sel et 2/3 du reste. Pour faire un minéral adapté, il est possible d'analyser les disponibilités des éléments minéraux et des oligoéléments à partir d'une prise de sang (laboratoire départemental d'analyse) qui reflétera la ration du moment, ou par une analyse de poils (piltest*) prélevés sur les oreilles de 20 % du troupeau qui donnera le profil minéral 6 mois auparavant. Attention aux bassines à lécher qui contiennent souvent des mélasses très appétantes qui entraînent une surconsommation.....  

Le logement
Les ruminants sont des animaux de troupeau qui font les mêmes activités en même temps (manger, ruminer, dormir, se lever.... ). Il existe une hiérarchie (dominant/ dominé) et des comportements de leader (pas forcement les mêmes) qui vont donner le signal (tout le monde debout, sieste....). Le cornadis est donc l'outil idéal pour se rapprocher de ce comportement naturel à condition d'ajouter 10 % de places supplémentaires pour que chacun trouve sa place sans stress.  En aire paillée les 6 m2 / VL sont un minimum et en logette il faudrait 15 % de places supplémentaires. Avec l'agrandissement de l'aire paillée et le passage de 6 à 7 m2 / VL nous avons observé un changement dans le comportement : toutes les vaches sont couchées le matin alors que certaines étaient debout avant l'agrandissement. Hervé Guillemot, éleveur à Allaire. Environ 40 litres d'eau sont expulsés chaque jour par une VL (urine + respiration). L'aération du bâtiment est donc primordiale.  

Les techniques
Un foin salivogène est un foin fibreux de prairies permanentes ou multivariétales matures. Le stade idéal pour définir la date de fauche est : 1/3 des plantes en fleurs. Pour mesurer le pouvoir salivogène du foin, il est possible de faire une analyse. Un foin de luzerne est également parfait en tête de repas car il apporte des fibres, de l'azote soluble et du calcium.. L'heure de fauche a une importance significative. Un foin précoce sera fauché le soir pour augmenter sa maturité (gain d'une semaine) et inversement pour un foin tardif. Le conditionneur permet de réduire le temps de séchage mais fragilise l'attachement des feuilles aux tiges (perte des organes les plus riches).. En éclatant ou en pliant les tiges, il diminue l'efficacité des fibres pour la rumination. Les balles rondes ne doivent pas être trop comprimées pour ne pas déstructurer les fibres et favoriser la formation de moisissures.   Le séchage en grange est un outil intéressant pour récolter du foin de bonne qualité malgré les aléas météorologiques (gain de 24 h sur du foin). Mais sa taille doit permettre de rester dans une logique de pâturage en visant 2 T de MS / VL / an. Si la surface pâturable ne permet pas d'atteindre ce seuil, c'est le niveau de production laitière qu'il faut revoir pour garder de la cohérence d'un point de vue économique et environnemental. La qualité du foin n'est pas synonyme d'appétence. Un foin jeune ou un regain très appétant sont très acidogènes et donc sources de problèmes sanitaires. Il faut donc au minimum 2 cellules pour séparer le foin fibreux, qui sera distribué en tête de repas du foin appétant qui permettra la production de lait et sera distribué dans les 20 minutes qui suivent.   Le nettoyage des mamelles se fera avec le moins de liquide possible : papier ou lavettes nettoyées à 60 °C sans produit. Les produits de post trempage ne sont pas nécessaires si la vache ne se couche pas dans les 30 minutes qui suivent la traite.    

Christophe Lefèvre (GAB du Morbihan)
 - Article paru dans Symbiose n°142 (janvier 2010)     


Le bon veau se fait aussi en bio !

La filière veaux bio est à la recherche d'une certaine adéquation : d'un côté, la demande porte sur des veaux de meilleure qualité ; de l'autre, une problématique sur la valorisation des mâles se pose dans les élevages ligériens. Dans ce contexte, EBio (l'association des Eleveurs Bio des Pays de la Loire) et la CAB ont organisé des journées de formation technique sur cette production, avec l'objectif d'améliorer les carcasses des veaux à l'abattage. Francis Rousseau, du Comité Interprofessionnel des Veaux Sous la Mère dans le Limousin, a donc usé de son franc-parler face aux éleveurs bio : il faut comprendre la demande pour mieux y répondre ! A terme, c'est ce choix qui permettra aux opérateurs de l'aval de mieux valoriser cette production, en touchant un plus grand nombre de boucheries traditionnelles.

 

Trois composantes définissent la qualité d'un bon veau : la couleur de la viande, la conformation bouchère de la carcasse et l'état d'engraissement de la carcasse. Cette définition ne doit pas se faire au détriment des règles de la bio, pour ne pas tomber dans les travers de la production conventionnelle.

 

Produire des veaux à viande claire

Plusieurs points permettent d'éclaircir la couleur de la viande des veaux, sans toutefois aller jusqu'à la viande blanche, incompatible avec le cahier des charges bio. Il est nécessaire d'offrir aux veaux des bonnes conditions de vie (confort, ambiance du logement, soins). Pensez à la qualité de la litière : l'éleveur doit pouvoir se coucher sur la paille disponible aux veaux ! En ce qui concerne l'alimentation, le conseil de Francis Rousseau est "du lait, beaucoup de lait et du bon lait". Il ne faut pas hésiter à faire téter à volonté un lait équilibré et de bonne valeur nutritive, d'où l'importance de rations suffisantes et équilibrées pour les vaches nourrices : la qualité du lait qu'elles produisent est le reflet de la qualité de leur alimentation. Autre point jouant sur la couleur : éviter que les veaux fassent beaucoup d'exercice physique au moment de la tétée et entre les tétées. Le bon mode d'emploi pour réussir la tétée peut être ainsi résumé : faire téter toujours aux mêmes heures, accompagner les veaux à la tétée en les empêchant de courir, les surveiller constamment tout au long de la tétée, faire téter les veaux à volonté et pratiquer le multi-allaitement avec des tantes, et enfin éviter tout changement brutal dans les habitudes, ou toute source d'agacement ou de stress.

 

Des veaux bien conformés

Un bon veau de lait sous la mère est aussi un veau à conformation bouchère suffisante. Cette composante de la qualité vient en 2ème position dans la détermination du prix de vente d'un veau sous la mère. Ce sont les veaux classés U (bonne conformation) qui sont les plus demandés par les opérateurs de la filière (abatteurs, découpeurs, distributeurs). La conformation du veau en vif influe fortement sur son rendement en carcasse (rapport poids carcasse / poids vif) et sur la proportion de pièces de 1ère catégorie (morceaux nobles) par rapport à celles de 2ème et 3ème catégories. De plus, une bonne finesse de l'animal (squelette, cuir) améliore significativement les rendements en carcasse et en viande nette, ce qui entraîne une meilleure valorisation commerciale. La conformation bouchère des veaux dépend majoritairement de la valeur génétique des reproducteurs du troupeau, il est donc important de sélectionner des mères à bonnes aptitudes bouchères et inséminer ou faire saillir ces vaches avec des taureaux à type « viande ».

 

Produire des veaux suffisamment gras

La majorité des bouchers recherche des carcasses de classe 3 (état couvert), c'est-à-dire ni trop grasses ni surtout trop maigres. Les veaux trop maigres donnent une viande qui « caille » mal au ressuage et dont la tenue à la conservation est mauvaise, sans compter le risque de dégradation de la couleur après l'abattage. De plus, sur le plan gustatif, la viande d'un veau maigre est sèche et peu goûteuse. L'état d'engraissement est important pour la qualité de la carcasse et de la viande. Si le veau est trop maigre (classe 1, voire 2), il n'y pas d'infiltration de persillé dans la viande : la viande est trop sèche après la cuisson et manque de goût. De plus, une viande trop maigre risque de mal ressuer en chambre froide, et de prendre une teinte brun foncé peu présentable à l'étal du distributeur ; la viande manque de tenue et se défraîchit plus vite. Si inversement le veau est trop gras (classes 4 et 5) : la carcasse devra être débarrassée du gras abdominal et du gras de couverture en excès, soit encore une quantité importante de déchets non commercialisables.

 

Rôle de la race et de la composition du lait

Quels sont les facteurs d'élevage qui influent sur l'état de finition des veaux ? La race et la souche du veau : les veaux de type laitiers et croisés déposent du gras plus précocement que les veaux issus de races allaitantes pures. Parmi ces derniers, les Limousins tendent à se finir plus tôt en moyenne (à partir de 170-180 kg de poids vif) que les Charolais ou les Blonds d'Aquitaine (souvent au-delà de 220 kg pour ces derniers). Le sexe du veau a également son importance : au sein d'une même race, les femelles déposent du gras à un âge plus précoce que les mâles. La quantité et la qualité du lait disponible restent les facteur essentiels. Un veau qui ne tète pas à volonté aura du mal à se finir correctement. Quant à la composition du lait, plus que sa richesse en matières grasses et en matières protéiques, c'est l'équilibre entre les deux éléments qui importe. Correctement nourries, les mères de races allaitantes donnent un lait mieux équilibré que celui des races laitières fortes productrices.

 

Recours possible à des races laitières

En pratique, comment peut-on favoriser une bonne finition des veaux ? Grâce à une alimentation abondante, de bonne qualité et équilibrée des vaches nourrices. Une alimentation correcte des mères permet d'offrir au veau, en abondance, du lait de bonne qualité. A cet effet, il est essentiel de distribuer aux mères et aux tantes laitières une ration suffisante avec un bon équilibre entre l'énergie et les protéines. Une organisation rigoureuse de l'allaitement permet d'ajuster au mieux les disponibilités en lait du troupeau aux besoins des veaux. Avoir dans le troupeau allaitant des tantes de type laitier peut compléter le déficit en lait de mères de races bouchères. La proportion de tantes dans le troupeau peut aller jusqu'à 25%.

 

Une filière en plein développement

Le veau est une production qui se développe avec une demande forte et régulière de l'aval. UNEBIO est l'acteur majeur qui structure ce débouché commercial avec l'appui d'EBIO. Avec un nombre de plus en plus important de veaux valorisés, la filière est en plein développement. Il ne faut cependant pas confondre quantité et qualité : le développement va surtout se faire dans les boucheries traditionnelles,  avec une demande sur des veaux rosés clairs et gras. Pour les éleveurs, continuer le travail en ce sens permettra de mieux valoriser leur production. De temps en temps, la filière peut être amenée à demander des veaux lourds pour du sauté, mais il ne faut pas se tromper de problématique : aujourd'hui, seul 4% des veaux sortent avec le classement 2U3 (couleur 2, conformation U et engraissement 3), qui sont les veaux les plus recherchés. Il est donc important d'améliorer ce pourcentage, en lien avec les opérateurs de l'aval.

Mathias SPORTIS (CAB)
Article paru dans le Bulletin CAB n°82 - décembre 2009


Semer en plein ou avec un écartement supérieur ?

La gestion des adventices est une des principales préoccupations des céréaliers bio, bien avant la gestion des maladies. La tendance de notre région est de semer dense pour couvrir rapidement le sol et étouffer les adventices dès le démarrage de la culture. Pourtant, cette technique montre ces limites notamment en rotation plus céréalière.

 

Une bonne rotation à base d'herbe, un semis dense, le choix d'espèces ou d'associations couvrantes permettent la plupart du temps aux éleveurs bio de se contenter d'un passage de herse étrille au printemps pour détruire quelques adventices encore présentes. En revanche, sur les parcelles à rotation céréalière, le semis dense et un choix d'espèces adaptés ne suffisent pas. Des adventices comme la folle avoine, le ray grass italien, la sanve, la ravenelle (et de manière générale, toutes les adventices à enracinement pivotant), ne sont pas détruites par un simple passage de herse étrille ou de houe rotative. Elles ont donc tendance à se multiplier d'année en année.

 

Faible ressource en azote

Un autre inconvénient dans ces systèmes céréaliers est la faible ressource en azote disponible pour les cultures : plus de pieds présents entraîne plus de concurrence pour l'accès à l'azote mais également plus de pression « maladies ». Une autre piste pourrait être d'adapter ses écartements de semis. Soit semer un rang sur deux en bouchant les bottes du semoir et donc avoir des lignes espacées de 30 à 37 cm. Soit semer en deux rangs accolés, c'est-à-dire devoir rapprocher les éléments semeurs deux à deux en laissant 8 à 10 cm. Ainsi les lignes les plus éloignées sont espacées de 30 à 40 cm. Dans de telles conditions, le binage devient possible. Ce semis à grands écartements n'oblige pas à biner au printemps, mais permet de biner si la parcelle est sale, que la herse n'est pas assez efficace ou que les conditions climatiques n'étaient pas au rendez-vous au moment voulu pour la herse. Pour rappel, il est possible de biner sa culture jusqu'au stade montaison.

 

Essais concluants

Certes, cette idée du binage va à contre-pied des objectifs visant à limiter au maximum le temps de travail et les frais sur les cultures mais cela me semble être pour l'instant la seule piste pour limiter l'envahissement de certaines parcelles. Sur la première année d'essais en Ille-et-Vilaine, réalisé sur deux sites (au nord et au sud), la pression « adventice » chute de près de 70 % grâce au binage. Seules les adventices présentes sur le rang se développent. Sur cette première année d'essai, les densités de semis au mètre carré ont été conservées : la densité sur le rang « grand écartement » était donc le double de la densité sur le rang « normal ». La concurrence entre les pieds était donc d'autant plus forte dans cet essai, ce qui peut expliquer que les composantes de rendement étaient plus faibles que le témoin.

 

Nouveaux horizons

Avec cette « garantie » relative d'avoir une parcelle propre, d'autres horizons s'ouvrent pour les céréaliers bio : Pourquoi ne pas s'inspirer des essais « bas intrants » menés depuis plusieurs années, notamment par l'INRA du Rheu et depuis peu par les groupes « cultures économes » du RAD ? La mise en place d'un couvert avec moins de biomasse permet de limiter la pression « maladie », d'autant plus si une attention particulière est portée à la résistance de la variété. Semer à une densité diminuée de 20 à 30 % (lorsque la date de semis, les conditions de sol le permettent et les semences sont certifiées) permet de limiter très fortement les maladies, limite la concurrence à l'azote et décale les besoins azotés de la culture un peu plus tard au printemps.

 

Mickaël Berthelot (Agrobio 35)

02.99.77.09.48 ou m.berthelot@agrobio-bretagne.org

 

Article publié dans SymBIOse n°140 de nov. 2009

 


Techniques : Soigner les mammites avec des huiles essentielles

La réglementation en élevage laitier biologique limite l'utilisation des produits de synthèse pour le soin des animaux. Seulement deux traitements chimiques de synthèse peuvent être utilisés par bovin et par an. En cas de maladie, le cahier des charges recommande d'employer des méthodes alternatives comme l'homéopathie, la phytothérapie ou l'aromathérapie. La CAB a donc mené en partenariat avec le GAB 44 une expérimentation, financée par le Conseil régional des Pays de la Loire.

 

En 2005, le GAB 56 en concertation étroite avec l'Ecole Vétérinaire de Nantes, le pôle Herbivores - Recherche appliquée des Chambres d'Agriculture de Bretagne et l'Institut de l'Elevage, a enquêté auprès de 290 élevages bovins lait certifiés AB en Bretagne afin de connaître leur conduite de traitement des mammites (Masson 2005).  

Il est apparu une grande diversité dans les pratiques, et un fréquent recours à l'aromathérapie avec l'emploi d'une dizaine d'huiles différentes, selon des modalités variées. Face à cette situation et au manque de références solides, il a été décidé de réaliser des essais thérapeutiques sur le terrain, afin de préciser l'intérêt des HE dans le traitement de cette affection.

 

En 2006 et 2007, les Pays de la Loire avec le GAB 44 ont participé, à la demande de la Bretagne, à ces essais sur le traitement des mammites cliniques par les HE. 6 exploitations dans le 85, 49 et 44 ont mis en place le suivi en soutien des 12 élevages bretons. La sélection des HE potentiellement intéressantes a été guidée d'abord par l'annexe II du règlement 2377/90/CE, c'est-à-dire la liste des substances pour lesquelles il n'est pas nécessaire, pour la protection de la santé publique, de fixer une limite maxima de résidus dans les denrées (LMR), après administration aux animaux. En 2006, pour rappel, le choix s'était arrêté sur Thymus satureoides, qui possède une action antibactérienne très nette en raison de sa teneur en phénols, ainsi que Laurus nobilis, et Rosmarinus officinale à verbenone, qui sont des antibactériens moins puissants mais qui ont également des propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes.

 

Le 2ème essai en 2007 a testé une formule plus concentrée, en conservant les 2 huiles les plus intéressantes et en modifiant l'excipient : HECT Thymus satureoides : 6 % ; HECT Rosmarinus verbenone : 6 % ; Eau pour préparation injectable : qs 10 ml ; Cétiol : qsp. Le traitement a été réalisé sur tous les cas de mammites cliniques se déclarant dans l'élevage, caractérisées par une modification du lait et/ou de la mamelle, mais sans atteinte de l'état général. Pour les deux régions, nous avons eu seulement 43 mammites étudiées. En guérison clinique, nous sommes sur 19 cas positifs avec un traitement uniquement aux HE sur 4 ou 6 traites. Les résultats bactériologiques ont été, quant à eux, plus difficilement exploitables. Seules 25 mammites sur 43 pour les deux régions ont pu être analysées pour un taux de guérison de 57% (13 cas).

 

Il faut relativiser par rapport au nombre de mammites qui est très faible et donc statistiquement ininterprétable. Nous avons seulement des « tendances » qu'il vaut mieux exprimer en chiffre brut qu'en pourcentage (P. Roussel de l'Institut de l'Elevage). L'augmentation de la concentration de la préparation n'a donc pas eu d'influence réelle sur l'évolution de la mammite. Ces résultats moyens obtenus pourraient être en relation avec une mauvaise diffusion des HE à l'intérieur de la mamelle, ou bien avec un effet antibactérien moindre dans le lait que dans les milieux nutritifs ordinaires.

 

Nous avons mis en place un 3ème essai en 2008 en formulant le médicament avec un véhicule hydrolipidique complexe à base de substances naturelles, le SOLUBOL (ND), qui est un émulsifiant des HE destiné aux préparations pharmaceutiques. La deuxième hypothèse sera quant à elle, approfondie au laboratoire par la comparaison des CMI (concentration minimale inhibitrice) en milieu nutritif et en milieu lacté.

 

Ces essais ne sont pas de véritables essais cliniques, car ils ne comportent pas de groupe témoin, mais ils représentent une première approche sur le terrain de l'intérêt thérapeutique des HE. Il existe d'autres démarches reposant sur une approche moins classique de l'aromathérapie, faisant appel en particulier à la notion de terrain et à des effets stimulants de l'immunité (Grosmond 2001). Une telle approche est plus difficile à envisager et demande un autre suivi expérimental.

 

Article rédigé par Olivier LINCLAU(technicien au GAB 44).


Techniques : utiliser des semences de blé anciens et de blé de pays en Bio

Depuis 2005, la Coordination Agrobiologique des Pays de la Loire travaille activement sur la thématique des semences. Un programme pluriannuel sur les semences biologiques en grandes cultures est mené sur la région avec le soutien financier du Conseil régional. Des producteurs Bio se mobilisent pour expérimenter ses variétés anciennes. La CAB, avec le soutien de Florent Mercier met notamment en place une collection de 400 variétés de blés anciens et de pays cultivés en agriculture biologique sur la ferme du Pont de l'Arche à Bouchemaine (49).

 

L'objectif de notre collection de blés issus de la sélection paysanne d'hier et d'aujourd'hui est d'observer, de décrire et de préciser le comportement agronomique des variétés, pour y sélectionner des blés adaptés à l'agriculture biologique en Pays de la Loire. En effet, les conservatoires publics et privés sont un magnifique réservoir de biodiversité cultivée, mais ils disposent de très peu d'informations sur ces variétés. D'où la nécessité de notre travail pour que les agriculteurs bio puissent cultiver des variétés adaptées à leurs besoins spécifiques et participer à la préservation et la valorisation de la biodiversité cultivée.

 

Ces variétés anciennes de blé regorgent d'intérêts pour l'agriculture biologique et paysanne d'aujourd'hui. Tout d'abord parce que leurs rendements en grain et surtout en paille peuvent être meilleurs que ceux des variétés modernes en conditions limitantes (sols pauvres, sécheresse, agriculture biologique, etc.). De plus, leur grande vigueur végétative et leurs hautes pailles permettent une meilleure compétition par rapport aux adventices, principale difficulté de la culture du blé biologique. Par ailleurs, la production importante de biomasse aérienne et racinaire, bien supérieure aux blés demi-nains cultivés aujourd'hui, alimente la vie du sol, pilier indispensable de l'agriculture biologique. Enfin, ces blés présentent des qualités nutritionnelles intéressantes (teneurs élevées en protéines, vitamines, minéraux et oligo-éléments, antioxydants...) et, en raison de leur faiblesse en gluten "technologiques" et de leur richesse aromatique, sont plus particulièrement destinés à la fabrication artisanale de pains de qualité.

 

Depuis 2007, nous travaillons en partenariat avec l'INRA dans le cadre d'un programme pluriannuel européen sur le blé. Plusieurs chercheurs seront présents lors de la visite afin de présenter et commenter le travail réalisé avec les producteurs ligériens. Depuis 2 ans, cette visite a rencontré un vif succès avec près de 200 visiteurs chaque année.


Site du réseau semences paysannes


Article ITAB : Essais blés anciens

Dernière mise à jour le 08/09/2010

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