Actualités : Actualités filières
Dérogation foin : l'avis positif de l'INAO
Suite à la demande de dérogation foin pour la région des Pays de la Loire, la commission permanente de l'INAO a entériné le cadre des dérogations individuelles :
- une durée limitée dans le temps : les dérogations s'appliquent jusqu'à la prochaine mise à l'herbe en 2011 ;
- une proportion de la ration maximale : les fourrages non biologiques ne doivent pas dépasser 50% de la ration des animaux en production sur la période de la dérogation ;
- des catégories d'animaux prioritaires : les fourrages non biologiques seront donnés de préférence à des animaux qui ne sont pas en production ou qui ne sont pas destinés à être certifiés durant la période de dérogation.
- L'opérateur doit recourir aux types d'aliments suivants, par ordre de priorité décroissante : fourrages de parcelles en C2, de parcelles en C1, de prairies naturelles conventionnelles, puis si nécessaire paille issue de parcelles en C2, paille conventionnelle.
L'INAO est donc prête à étudier les demandes de dérogation individuelles, à rédiger pour chaque producteur, via leur organisme certificateur.
La CAB et les GAB / Civam Bio 53 restent néanmoins attentifs aux possibles offres émanant des régions voisines. Le travail de mise en lien entre vendeurs et acheteurs est toujours en cours, et le restera jusqu'à la fin de la dérogation. Le foin de marais sera peut-être disponible dans les semaines à venir (marais poitevin, basses vallées angevines, marais breton).
Cette offre, même limitée, pourra répondre ponctuellement à des demandes ciblées, mais elle aura aussi le mérite de montrer une certaine cohérence de la bio : au choix, il faut évidemment préférer du foin de prairies bio ou en conversion au foin de prairies conventionnelles, surtout pour les animaux productifs. Malgré la situation, il est nécessaire d'être attentifs à l'image que la bio donne aux consommateurs !
Filière viande bovine : point sur la conjoncture 2009
L'association EBio, qui regroupe les éleveurs bio des Pays de la Loire, a vu une augmentation des volumes commercialisés cette année, grâce notamment à un renforcement des liens avec Unébio. L'organisation commerciale choisie par les éleveurs est aujourd'hui solidement ancrée sur le territoire ligérien, et chaque producteur se sent responsable et joue un rôle dans cette filière. En Assemblée générale le 23 mars, EBIO a fait le point sur le marché 2009 de la viande bovine. Les volumes abattus en 2009 sont supérieurs à ceux de 2008.
25 % d'augmentation sur les gros bovins !
Au total, 2 542 gros bovins ont été ommercialisés par Unébio (2 030 en 2008), avec 148 tonnes de plus qu'en 2008, soit une augmentation de 25 %. Il y a toujours une proportion plus importante d'animaux type viande abattus : 62 % race à viande contre 38 % race laitières et mixtes. On observe aussi des variations mensuelles moins importantes qu'en 2008, les abattages ont été plus réguliers. Les efforts de planification des éleveurs ont permis de fluidifier les sorties d'animaux. La mise en contrat des animaux reste le meilleur moyen de s'adapter pour les mois de commerce difficiles mais aussi pour anticiper et développer le marché. Cependant, les mois de printcemps sont des mois creux, et la filière manque de 20 à 30 bêtes par semaine. Ces animaux sont nécessaires pour continuer à développer le commerce. La filière veaux se consolide 687 veaux ont été produits en 2009, contre 649 en 2008. Aujourd'hui quelques difficultés apparaissent : beaucoup de veaux se sont trouvés en même temps sur le marché. Un manque va de nouveau se faire ressentir dans les mois qui viennent : très peu de veaux ont été planifiés à ce jour.
Relancer le groupe vente directe
Actuellement un groupe d'éleveurs impliqués cherche à mettre en place un nouveau fonctionnement, avec l'appui d'EBio, de Jean-François Deglorie des EBF, et de la CAB pour les formations. Le groupe répond à quelques commandes au cas par cas et se réunit régulièrement pour définir un projet commun. Une formation basée sur des projets initiés dans d'autres régions a été organisée, et a permis d'aider le groupe à définir ses objectifs. Suite à cette réunion, les éleveurs ont pu constater que les projets présentés demandaient un très fort investissement personnel. Ce groupe doit donc se structurer pour faire adhérer de nouveaux éleveurs
Mathias Sportis (CAB) - avril 2010
Lait bio : les producteurs souhaitent un prix qui reconnaît leur travail
La vague de conversion observée en France, en particulier dans les régions de l'Ouest incite les producteurs à réfléchir à une gestion collective des volumes, afin de mettre en adéquation l'offre avec la demande. Ce développement doit pouvoir exister sur le long terme, avec une grande solidarité dans la filière, et sans que cela ne se fasse au détriment du prix du lait.
Dans les régions Bretagne, Pays de la Loire, Basse-Normandie et Poitou-Charentes, l'augmentation des volumes collectés en bio pourrait être de plus de 20% à l'horizon 2011. Cette progression, fruit du travail des organisations de producteur bio en lien avec les collectivités régionales et les opérateurs de la filière, est aussi le reflet d'une grave crise en lait conventionnel.
Cette augmentation de l'offre doit être mise en parallèle avec la forte demande de la part des consommateurs pour des produits de haute qualité, répondant aux grands enjeux environnementaux. La consommation de produits laitiers bio continue de progresser (de +20% à +30% en moyenne sur l'année 2009, source CNIEL) et des nouveaux marchés vont s'ouvrir, notamment en restauration collective. Pour cela, le développement de la production bio doit perdurer, et il convient d'anticiper ce développement avec tous les partenaires de la filière (producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs) pour que l'agriculture biologique continue à être rémunératrice.
Dans ce contexte, les producteurs de lait bio du grand Ouest s'organisent. Une réunion s'est tenue le 4 février 2010 à Angers, regroupant des producteurs de lait bio de Bretagne, Pays de la Loire, Basse Normandie et Poitou-Charentes, soit 60% du lait bio produit en France. Devant les tensions lors des discussions interprofessionnelles, où certains collecteurs font pression sur les prix malgré une conjoncture favorable, les producteurs prennent leurs responsabilités pour gérer les volumes et maîtriser l'évolution des prix.
La volonté des éleveurs est de mettre en place des organisations de producteurs par laiterie dans un premier temps, pour dialoguer collectivement avec leur laiterie. Une coordination nationale de ces groupements de producteurs va se mettre en place, en lien avec la FNAB (Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique). Mutualiser les volumes et anticiper l'évolution du marché permettront de consolider la filière laitière bio et de lui rendre une image solidaire.
Il existe aujourd'hui des opérateurs très intéressants en terme de gestion des volumes, locaux et nationaux. Il faut cependant mobiliser plus largement les producteurs bio autour de nos objectifs : le maintien d'un prix bio déconnecté du conventionnel, une gestion partenariale des volumes, une meilleure concertation avec l'ensemble des acteurs de la filière et un développement de la bio sur tout le territoire. La période qui commence est propice à des rencontres par laiterie pour faire entendre notre volonté de maintenir un prix du lait bio rémunérateur et offrant des perspectives aux éleveurs qui doutent, et qui souhaitent faire reconnaître leurs pratiques et leur métier de paysans.
Les coordinations régionales des producteurs bio de Basse-Normandie, Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes - 11 février 2010
Contact presse Pays de la Loire : Philippe Jaunet au 06 33 36 47 71
