Le contexte est perturbé par la conjoncture (crise Covid, guerre en Ukraine, grippe aviaire…) et une concurrence durable entre tous les labels présents sur le marché alimentaire. Quel impact sur la consommation ? Le quotidien des adhérents ? Quelles sont les positions du réseau ? Des opérateurs économiques ?

CONSOMMATION : prendre du recul et évolution générale pour les produits bio

  • Aucune campagne de communication et de promotion de l’Agriculture bio n’a été déployée depuis 3 ans.
  • Appels à projet européens remportés par d’autres allégations (label rouge).
  • Le Ministre de l’Agriculture a renvoyé la FNAB vers les interprofessions pour trouver des fonds dédiés à la communication (via les CVO) ; Travail en cours.

Le marché du Bio ne connaît que la croissance depuis 2000. Aujourd’hui, les produits bio représentent 6.5% du marché français, d’autres pays européens sont plus hauts : 11% en Suisse ; 12% en Autriche, 13% au Danemark. Les achats sont à 55% réalisés en distribution généraliste (GMS) et 29% en distribution spécialisée (MSB). Les évolutions annoncées, notamment dans les médias, sont à mettre au regard de l’année 2020, exceptionnelle à tout égard (voir. l’explosion du CA en GMS, ci-dessous).

D’après Ecozept*, le COVID avait joué le rôle d’accélérateur et l’après Covid fausse les tendances. Les produits frais en libre-service (produits laitiers, viandes, œufs et les légumes) sont les plus marqués par la tendance baissière. Selon l’étude KANTAR, le comportement des français a également changé : depuis la crise, ils vont moins en magasin et privilégient des courses plus « productives » (de plus gros caddies). En parallèle, il y a une montée en puissance de certains labels (ou « pseudos » labels), la gamme des « sans» (sans pesticides, sans résidus…) apparaît comme une nouvelle source de réassurance pour les consommateurs. Enfin entre 2017 et 2020, une large gamme de produit bio a été testée par les marques de l’agro-alimentaire. L’heure est à la « rationalisation », où seules les références ayant fait leur preuve sont conservées dans les rayons.

CRISE UKRAINIENNE ET GRIPPE AVIAIRE

  • Eléments conjoncturels, mettant en avant parfois des éléments structurels (dépendance énergétique, alimentaire…)
  • Diminution de la ressource en fertilisants pour les grandes cultures.
  • Arrêt de l’export et inquiétude pour les récoltes à venir en Ukraine
  • Influence à la hausse sur les cours en conventionnel. A cela peuvent être ajoutées les inquiétudes climatiques, en Europe et ailleurs (sécheresses USA).

QUELS ECHOS DES PRODUCTEURS-ADHERENTS ET DU TERRAIN SUR LA FILIERE GC bio ?

Enquête adressée aux adhérents en Avril. 35 répondants, dont : 70% sont polyculteurs-éleveurs, 60% en bio depuis plus de 5 ans, 37% en filières longues et 37% en filières longues + circuits-courts. Quels sont les échos des répondants ?

  • Maintien et/ou hausse des prix des matières premières bio (particulièrement oléagineux)
  • Absence d’information sur l’évolution des besoins et de la consommation, hormis en magasins (baisse de la demande).
  • Hausse des intrants : GNR, aliments, et en partie sur les matières organiques et semence
  • Besoin d’informations régulières sur le marché et les prix bio

QUE PRECONISE LE RESEAU GAB/CAB AUX PRODUCTEURS -ADHERENTS ?

  • Pas de précipitation sur le marché conventionnel avec des matières premières bio (volatilité des cours !)
  • Compter sur la stabilité des prix bio en général (marché en stocks physiques) et prix supérieurs au conventionnel
  • Sécuriser et fidéliser ses débouchés
  • Viser l’autonomie à la ferme : autonomie azotée par les légumineuses, sur le poste « fertilisation », autonomie décisionnelle.
  • Semences : à court terme prévoir de stocker exceptionnellement si les coûts augmentent
  • Alimentation animale : achat/vente entre agriculteurs au prix de revient de la matière, pas du « marché »
  • Diversifier ses emblavements, ses approvisionnements et ses débouchés.
  • Développer des filières locales et équitables en collectif et les circuits courts
  • Connaitre et détailler ses coûts de production, seuls éléments légitimes à l’augmentation du prix de vente

QUE VA FAIRE LE RESEAU ?

Court terme :

  • S’abonner à la Dépêche du Petit Meunier (cotations départ OS)
  • Faire un courrier aux OS/COOP sur le maintien impératif des prix bio supérieurs au conventionnel, pour prendre en compte, a minima les coûts de production et assurer un juste revenu aux paysans

Moyen terme :

  • Faire se rapprocher la filière Grandes Cultures des filières animales pour sécuriser les appros bio des éleveurs bio, et éviter la fuite des matières 1ères bio vers les élevages conventionnels (compenser absence volumes Ukraine et Russie)
  • Recenser les prix d’achat des céréales, oléagineux et protéagineux bio auprès des producteurs Pays de Loire et Bretagne, pour essayer de constituer une mercuriale globale
  • Organiser un RDV avec les Organisations Economiques de producteurs 100% bio en céréales BIOCER, CORAB…pour demander leur position sur les prix et la prochaine collecte
  • Solliciter le réseau FNAB pour connaitre les positions des producteurs et les échos des OS
  • Demander à la FNAB de solliciter INTERCEREALES, pour connaitre la position nationale des COOP et opérateurs privés de collecte

QUE DISENT LES COLLECTEURS (Coop, privés, Négoce…) ?

[Réunion du 11/04/22 entre les collecteurs COOP et privés et les organisations des producteurs et transformateurs bio du Grand Ouest]

  • Ils se disent confiants dans l’avenir de la bio et de la filière grandes cultures. La plupart d’entre eux sont prêts à défendre des prix « campagne » en bio et des engagements précoces auprès des producteurs.
  • Le marché des COP bio est basé sur des stocks physiques, marché plus stable que celui du conventionnel.
  • Maintenir les volumes bio dans les filières bio. La déstabilisation des filières par le départ de matières premières bio et C2 en conventionnel n’est pas aussi forte qu’on pouvait le craindre.
  • Bien que difficile à estimer avec précision le marché est là (alimentation humaine et animale), en France mais aussi à l’étranger.
  • Alimentation animale (contexte de grippe aviaire et baisse globale de la consommation) : la hausse des prix est là.
  • Des interrogations fortes des producteurs et des opérateurs persistent sur la disponibilité et le prix de la matière fertilisante utilisable en AB (MAFOR UAB), des filières non bio cherchant en effet des sources alternatives de matières organiques.

Contact : Emmanuelle CHOLLET (cab.filieres@biopaysdelaloire.fr) – mai 2022

Cette note de synthèse est issue de plusieurs sources : Note sur les dynamiques de consommation des produits bio. Février 2022. FNAB. Compte Rendu Commissions Grandes Culture Bio. Mars 2022 CAB. Conseil d’Administration de la CAB Avril 2022. Réunion du 11/04/22 entre les collecteurs COOP et privés et les organisations des producteurs et transformateurs bio du Grand Ouest ECOZEPT est un cabinet d’étude et de recherche, spécialisée dans les marchés agroalimentaires durable. Intervention AG FNAB 2022

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